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En confinement, 100e jour 00:19:42 En confinement, 100e jour Video Duration : 00:19:42 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 100e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

 

Être un humain

Buenos Aires, Argentine

 

Prem Rawat :

Aujourd’hui, il y a des problèmes, beaucoup de problèmes. Des gens meurent sous les bombes, s’entretuent, se mentent, se volent et tout le monde se demande ce qui va arriver. Les problèmes économiques pèsent surle monde. Les gens ne se sentent pas en sécurité.

Alors on se demande : « Pourquoi ? Qu’est-il arrivé ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Est-ce dans notre nature ? Sommes-nous ainsi ? » Ou bien sommes-nous tellement aliénés que nous ne comprenons plus notre propre nature.

D’où la question: « Qui êtes-vous ? » Non pas ce que vous êtes, ce que vous êtes en tant que médecin, avocat, pilote, fermier ou employé de bureau, non pas ce que vous êtes mais qui vous êtes. Pas un mari, une épouse, une fille, non, non ! Qui êtes-vous ? Qui ? Réalisez-vous, en tant qu’être humain, ce qui vous a été donné ? D’un côté, vous êtes fait de 6 éléments, hydrogène, oxygène, carbone, calcium, azote et phosphore. 

Où trouve-t-on ces éléments ? Partout. Partout. Vous marchez dessus. Vous crachez dessus. Et c’est la matière dont vous essayez de vous débarrasser en vous lavant, chaque fois que vous rentrez chez-vous. Mais c’est ce qui vous compose. Alors véritablement qui êtes-vous ? Vous avez la faculté de savoir, vous avez la faculté de comprendre, vous avez la capacité d’être comblé. Vous avez la capacité d’être en paix. Vous pouvez comprendre. Vous pouvez ressentir, ressentir. Vous pouvez vous exprimer. Vous pouvez sourire. Vous êtes ainsi fait! C’est ainsi que je suis.

Il faut donc se demander : « Suis-je réellement comblé ? Réellement comblé ? » Êtes vous comblé ? Si vous avez la faculté d’être comblé, il faut vous demander : « Suis-je totalement comblé ? » Car, si ce n’est pas à 100 %, quelque chose ne va pas. Si ce n’est pas à 100 %, alors pourquoi ?

Vous avez la faculté de ressentir la paix, alors êtes-vous en paix ? Chaque jour ? Avez-vous vraiment saisi le sens de l’être humain et l’avez-vous amené au summum de son développement ? Même un arbre, même un arbre s’efforce d’amener ses fruits au maximum de leur maturité. Et vous ? Et vous ?

Ou bien êtes-vous prisonnier de vieux schémas que sont la peur, la colère, la frustration, la confusion avec la paix comme espoir, quelque part là-bas très loin, « un jour peut-être…? » Alors que la paix est toujours en vous. La colère est en vous, le pardon est en vous. La haine est en vous, l’amour est en vous. La joie est en vous, la tristesse est en vous. La confusion est en vous, la clarté est en vous.

Ce qui est à vous est vôtre et seulement vôtre, vous ne pouvez le donner à personne parce que c’est seulement à vous, que vous soyez égoïste ou pas. C’est un fait ! Alors puisque c’est à vous et seulement à vous, que vous en êtes le dépositaire, tant que le souffle va et vient en vous, qu’allez-vous en faire ? Allez-vous être en paix ?

Les gens disent souvent : « Alors, où est la paix ? » En vous. « Comment se fait-il que je l’ignore ? » Êtes-vous allé voir ? L’avez-vous fait ? Oui ? Ou bien êtes-vous comme ceux qui … Je sais bien que beaucoup de gens attendent l’arrivée d’un ange. Cela fait trois ou quatre mille ans qu’ils attendent un ange.

La paix n’est pas la question. Que vous choisissiez la paix ou non, voilà la question. Parce que le jour où vous le ferez, elle sera en vous. Et les gens disent : « Non, non, ce n’est pas possible. » Où est-elle d’après vous ? Où exactement, d’après vous ? Dans l’espace ?

Donc, quand les astronautes sont tout là-haut, ils doivent se sentir vraiment en paix…
Chaque fois qu’un voyant s’allume ou que quelque chose ne fonctionne pas : « Oh mon Dieu ! » Vous avez ce pouvoir parce que vous êtes humain. Le Superman est en vous, vous n’avez pas besoin d’un Superman. Vous n’avez pas besoin de miracle. Savez-vous pourquoi vous n’avez pas besoin de miracle ? Le savez-vous ? Parce que vous êtes le miracle.

La poussière peut aimer, sourire, rire, comprendre, avoir de la compassion. Si ce n’est pas un miracle, qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que c’est ? Ce corps, qui n’est pas là pour toujours, vient et s’en va. Où s’en va t-il ? Ici-même.

Aux gens qui me regardent, l’air de dire : « Comment ? », je dis : « Que croyez-vous ? Que lorsque vous êtes né, la terre est devenue plus lourde ? Et que lorsque vous mourrez, elle deviendra plus légère ? » Non, elle reste la même. Elle devient un petit peu plus lourde, mais seulement à cause de toute la poussière qui tombe sans arrêt de l’espace pour faire une nouvelle aubergine, une nouvelle tomate, pour faire un nouveau vous.

Mais il s’agit de comprendre le pouvoir de ce souffle. Il s’agit de vous ! Voilà le cadeau que vous avez, qui vous a été donné. J’emploie le mot “cadeau“ et la tête demande : « De qui ? » Vous êtes sérieux ? Vous êtes sérieux ? Vous êtes sérieux ? Vous vous trouvez au beau milieu de l’océan, vous nagez depuis deux jours, il n’y a rien alentour. Tout à coup, tout à coup apparait une bouée de sauvetage. Allez-vous vraiment dire : « De quel bateau vient-elle ? De mon bateau qui a coulé ? » Ou bien : « À qui appartient-elle ? Est-elle à quelqu’un ? Y-a-t-il quelqu’un ? » Êtes-vous sérieux ? Ou encore allez-vous dire : « N’est-ce pas égoïste de prendre cette bouée de sauvetage ? Il y a peut-être quelqu’un d’autre derrière moi… » Non ! « Ah, merci ! » Qui remerciez-vous ? Qui remerciez-vous ?

C’est cela, comprendre. C’est retrouver la simplicité. Voilà comment se connaître soi-même. C’est ce qu’a dit Socrate : « Connais-toi toi-même ». Voilà comment se connaître soi-même. Et pourtant, nous passons notre temps à connaître tout le monde. « Je vais te présenter untel et untel. » Vous a t-on déjà présenté à vous-même ?

Donc,  parler de la paix … Voilà ce que je fais ! Je présente les gens à eux-mêmes. Voilà ce que je fais et c’est tout ce que j’ai besoin de faire. « Cela va-t-il amener la paix dans le monde ? » Le monde n’a pas besoin de paix. Croyez-moi, tout va bien pour lui. C’est nous, les êtres humains, qui avons besoin de paix. Cette idée de “paix dans le monde“ est bizarre. Hé, voilà ce que je fais depuis cinquante ans, cinquante ans ! J’ai commencé… J’ai commencé à l’âge de neuf ans et cette année est le cinquantième anniversaire. Alors, voilà le fruit de beaucoup d’expérience : ce n’est pas le monde qui a besoin de paix, ce sont les gens. Ce n’est pas le monde qui a faim, ce sont les gens. Le monde ne tue personne, les gens le font.

Il s’agit des gens. Les gens ont oublié les gens. Les hommes politiques ont oublié les gens. Au nom de ceci et de cela, nous avons oublié les êtres humains. Les êtres humains. Il se trouve que la paix réside dans les êtres humains. Le comprendre est simple.

En confinement, 101e jour 00:20:03 En confinement, 101e jour Video Duration : 00:20:03 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 101e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

 

Une question de choix

Lisbonne, Portugal

 

Prem Rawat :

Il est bon, de temps à autre, de prendre du recul pour comprendre ce qui se passe. Même si vous vivez jusqu'à soixante-dix ans, cela représente 25 550 jours, si vous vivez jusqu'à cent ans, cela ne fait que 36 500 jours.

Vous êtes né et un jour vous devez partir. La naissance est l'aboutissement de tous ces éléments qui nous entourent, l'oxygène, l'hydrogène, le carbone, le calcium, l'azote et le phosphore, voilà de quoi nous sommes faits.

Tous ces éléments se sont assemblés, toute cette poussière, cet oxygène, cet air, cette eau, se sont assemblés pour me créer, moi, vous. Et maintenant, tout est en train de retourner là d’où c’est venu. Donc, ce n'est pas comme ci mais comme ça ! Où est-ce que je vais ? Là d’où je viens.

Donc, l’arrivée était locale et le départ l’est aussi, c'est le cercle qui sépare les deux. Ce cercle s'appelle “la vie” et c'est le noyau fondamental, l'épine dorsale de cet être appelé “le moi”, vous, moi.

Et puis, bien sûr, vous avez entendu ce « Connais-toi toi-même. » La plupart des gens, je peux le dire car je fais ceci depuis cinquante ans, j'ai donc acquis de l'expérience, la plupart des gens trouvent ça très mystérieux, très philosophique.

Après tout, Socrate était philosophe, en pratique, quel est l’intérêt de se connaître soi-même ? Quel est-il ? « Évidemment que je me connais : tel est mon nom, mon numéro de téléphone portable, mon adresse électronique, voilà mon chat, mon chien, ma maison, voilà mon costume, mes chaussures, ma ceinture ! »

Mais pensez-y, si vous vous connaissiez vraiment, vous sauriez qu'il y a en vous du bon et du mauvais. Et la question est : « Avez-vous fait vos choix ? Avez-vous fait vos choix ? Vraiment ? »

Vous êtes en train de faire ce voyage, que vous l'appeliez “voyage” ou autrement, vous êtes maintenant sur ce cercle, vous êtes né, de toute évidence, donc la vie suit son cours. Alors, avez-vous fait vos choix ? Avez-vous fait vos choix, ou bien improvisez-vous au cas par cas ?

Vous vous levez le matin : « Ah, je ne me sens pas très bien, je n'aime pas ce type, je n'aime pas ça, je n'aime pas ça, je connais ça, ça, ce n'est pas bien, je ne veux pas aller là-bas, je ne veux pas… ta-ta-ta… » Ou avez-vous fait vos choix ? Avez-vous fait vos choix ?

C'est une question très intéressante : « Avez-vous fait vos choix ? » Vous allez passer votre vie, c’est de ce cercle dont il s’agit, allez-vous passer votre vie sans faire de choix ? Ou allez-vous passer votre vie avec une gamme de choix bien particulière ?

Mais comment pouvez-vous faire ces choix si vous ne savez pas ce que vous avez ? Donc laissez-moi vous éclairer sur ce point. Il y a en vous l'ignorance, à cinquante pour cent, et il y a en vous, la connaissance, à cinquante pour cent, il y a en vous l'obscurité, à cinquante pour cent, il y a en vous la lumière, à cinquante pour cent.

Ne vous félicitez pas trop vite, c'est cinquante pour cent. Ne vous dites pas : « Quarante-neuf / cinquante-et-un. » Non, non et non, ce n'est pas ça ! C'est exactement cinquante pour cent.

D'ailleurs, les 50% que vous avez sont largement suffisants pour que vous viviez une vie incroyable, ou ces mauvais 50% sont plus que suffisants pour vous détruire totalement. Et vous avez les deux, vous avez les deux !

En vous, il y a la peur et en vous il y a le courage, à cinquante pour cent. Mais si vous l’avez compris, vous pouvez choisir, choisir : « Je veux choisir le courage et pas la peur. »

Donc, au lieu de vivre dans des croyances, vous devez commencer à vivre dans le fait de connaître, dans la connaissance, et ça demande du courage, et c’est le choix que vous avez à faire : « Est-ce que je choisis le courage ou bien la peur ? »

La peur, c'est facile, il n’y a rien à faire, il suffit de s'allonger sur son lit et de continuer à imaginer le monstre, et il ne cesse de grandir et de grandir, ses crocs grandissent, ses ongles grandissent, ses yeux grandissent, il a de plus en plus faim et il devient dangereux, il est sous votre lit et il va vous manger, sans le ketchup.

Mais savoir. « Je veux savoir, je veux ressentir ! » Parce qu'il y a une chose évidente, une chose très évidente, la vie est incroyable, la vie est précieuse, ce souffle est un cadeau incroyable, car vous n'appuyez pas sur un bouton pour l'obtenir, c'est un cadeau incroyable, il vous est donné gracieusement. Ne devriez-vous pas être plein de gratitude ? Naturellement ? L'êtes-vous ?

Je pose trop de questions. Cette vie, ne devrait-elle pas être emplie de gratitude ? Mais pourquoi ne l'est-elle pas ? Pourquoi ne l'est-elle pas ? Pourquoi tout ce dont je parle n’est pas simplement évident ? Est-ce que ça ne devrait pas être évident ? Pourquoi ça ne l'est pas ? Peut-être parce que les choix n'ont pas été faits.

Vous avez fait preuve d'un courage phénoménal. Quand vous étiez tout petit, vous avez fait quelque chose, vous n'aviez pas fait d'études universitaires, vous n'étiez pas scientifique, vous n'étiez pas kinésithérapeute, vous n'étiez pas médecin, vous n'étiez pas psychologue, vous n'étiez pas psychiatre, vous n'étiez pas athlète, et vous n'étiez pas entraîneur sportif, et vous avez décidé quelque chose, vous avez fait un choix, vous vouliez marcher. Alors vous avez essayé, vous avez essayé, et ça a échoué, vous avez échoué ! Mais sans que ce soit un échec. Et vous savez pourquoi ce n’était pas un échec ? Parce que vous avez essayé à nouveau, et à nouveau vous avez échoué. Vous avez échoué, mais vous n'étiez pas quelqu’un qui échoue, alors vous avez essayé à nouveau, vous avez continué à le faire jusqu'à ce qu'un jour vous y arriviez, et vous avez marché.

Personne ne pouvait vous aider, car le sens de l'équilibre est très personnel, il doit être en vous. Se pourrait-il que vous ayez été très clair quand vous étiez petit sur ce que vous vouliez faire ? Et maintenant vous ne l'êtes plus. Se pourrait-il que la seule chose qui puisse vous rendre plus fort soit de vous connaître vous-même, de savoir que vous avez des choix ?

Savez-vous que vous avez des choix ? Quand vous souffrez, quand vous êtes confus, savez-vous que vous avez encore le choix ? Le savez-vous ? Vous avez le choix, vous avez toujours le choix. Et vous pouvez choisir de ne pas choisir, vous avez même ce choix.

Et la plupart du temps, n'avez-vous pas choisi de ne pas choisir ? Le petit mélange d’épices du destin ! Qu'y a-t-il dans votre destin ? Si on ne fait rien, on nait, on vit le nombre de jours qu’on a à vivre, puis “pfutt”, on part, les éléments repartent d'où ils sont venus, vous êtes désassemblé. À votre naissance, vous avez été assemblé, vous serez alors désassemblé.

Non, quand les choix ont été faits… et de ces choix émerge la gratitude, car on est témoin de la valeur et de l'existence étonnante de cet être sur terre...

Lorsque les yeux sont ouverts, lorsque le cœur est comblé, lorsqu'il n'y a pas de dualité, lorsque les questions se sont transformées en réponses, lorsqu'une douceur et une sérénité dansent dans la vie, alors la paix se manifeste. Et quand cette paix est ressentie, le cœur déborde de gratitude, déborde de gratitude.

Trouvez ce paradis, le paradis qui est en vous, votre paradis, transformez-vous, réveillez-vous, profitez, soyez, existez, adorez la simplicité. En cela il y a de la sagesse, de la sagesse.

Quand je suis arrivé en Occident, tout le monde disait : « Nous ne voulons pas entendre parler de paix, dites-nous comment nous pouvons devenir riches. » C'est un tel jeu ! On m'a demandé, j'étais un adolescent, j'avais treize ans, on m'a demandé : « Êtes-vous riche ? »

Il se trouve que j'étais de bonne humeur et j'ai répondu : « Oui, je suis vraiment riche, je suis vraiment, vraiment, vraiment riche… dans mon cœur. » En ce qui concerne l'argent, je n'avais que vingt-cinq livres, c'est tout ce que j'avais pu rapporter d'Inde, on ne nous permettait pas davantage, on donnait à tout le monde vingt-cinq livres et c'est tout ce que nous avions.

Qu’est-ce que vingt-cinq livres ? Qu'est-ce que vingt-cinq mille livres ? Quelqu’un pourrait annoncer juste une petite nouvelle et ça ne vaudrait plus rien ! Un jour vous avez plus que ce que vous devez, et un autre jour vous devez plus que vous n’avez.

J'aime ce qui est certain, la certitude de ce monde est tout simplement étonnante. Si ce genre de certitude se manifestait dans ma voiture, je ne la conduirais jamais. Mais voici ce souffle qui vient tel un mouvement d’horloge, incroyablement fiable !

Si vous voulez saisir la définition de “fiable”, pensez à votre souffle, pas à votre chien, parce qu’il va venir. C'est la chose-même qui vous a permis, si vous êtes né à l’hôpital, de rentrer à la maison, et c'est le souffle qui, si vous êtes né à la maison, vous a permis d’y rester.

Parce que si ce souffle n’était pas venu, vous ne seriez pas rentré à la maison, et si ce souffle n’était pas venu et que vous étiez né à la maison, vous seriez allé à l'hôpital. C'est comme ça ! C'est simple, c'est profond : « Connais-toi toi-même. »

En confinement, 99e jour 00:12:52 En confinement, 99e jour Video Duration : 00:12:52 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 99e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

 

La possibilité

50 ans d’efforts en faveur de la paix

              

Prem Rawat :

Si quelqu’un vous tendait une baguette magique en vous disant : « Tiens, voilà ce qui est possible. Je te donne cette baguette magique grâce à laquelle tu pourras être comblé », qu’est-ce que ça représenterait pour vous, qu’est-ce que ça signifierait ? « Je te donne un cadeau, grâce à ce cadeau, comme avec la lampe d’Aladin, il n’y aura plus de souffrance pour toi. » Qu’est-ce que ça représenterait pour vous ?

C’est précisément ce qui vous est arrivé. C’est ça, être vivant. La vie n’est pas cette chose triste et ennuyeuse que vous en avez fait, pas du tout. En fait, vivre c’est recevoir le cadeau le plus précieux qui soit encore, encore et encore, sans jamais avoir à dire : « Ça suffit. »

Toute notre vie, nous sommes séduits par nos rêves, nous sommes séduits par ce que les gens nous disent, mais nous ne nous sommes jamais séduits par l’appel de notre cœur qui nous dit : « Sois comblé, sois en paix, ressens la joie, fais l’expérience du sentiment qui est en toi, pas dans ta tête, en toi, ce sentiment qui est toujours là, dans les bons et les mauvais moments. Il est toujours là, quelles que soient les circonstances. »

Faites l’expérience de ce que veut dire être vivant, car c’est votre réalité. C’est ce qui fait de vous ce que vous êtes, c’est ce que vous êtes, cette chose appelée la vie est la colle qui maintient le tout assemblé. Dès qu’elle n’est plus là, l’ensemble se désagrège et disparaît.

Si vous me présentez le concept du paradis, la notion du paradis, je dois d’abord en faire l’expérience pour pouvoir croire qu’une telle chose existe. Mais ce n’est pas ce que nous faisons. « Ah oui, à propos, il y a un paradis et si tu fais le bien, c’est là que tu iras. Si tu fais le mal, tu iras en enfer. »

Et en fait, nous avons préparé la défaite du pauvre Satan : il est au chômage ! Les êtres humains l’ont dépassé.

Et qu’en est-il du paradis ? Le paradis n’est rien de plus que le lieu où vous pouvez être satisfait.

Il existe bien des théories, bien des philosophies. Pourquoi ? Pourquoi tant de théories ? Pourquoi tant de philosophies ? Pour la bonne raison qu’aucune n’a atteint son objectif. Alors il en faut une autre et une autre et encore une autre. Est-ce que cela aura une fin selon vous ? Non.

L’idée selon laquelle quelqu’un va descendre du ciel pour tout arranger, vous y croyez vraiment ? Ça fait combien de temps que vous attendez cela ? Quelques milliers d’années ? Ne pensez-vous pas que cela dépasse la limite raisonnable de la patience ? Vraiment ?

Si vous alliez à l’aéroport et que vous demandiez au comptoir : « Quand part ce vol ? » et qu’on vous réponde : « Dans quelques milliers d’années », je suis sûr que vous seriez ravi, non ? « Super, je peux attendre. Il y a d’autres choses que j’ai attendues aussi longtemps que ça, pas de problème. Prévenez-moi ! »

Qu’est-ce qui cloche dans cette histoire ? Ce qui cloche, c’est que la lumière que vous cherchez se trouve en vous et que vous essayez d’allumer des choses qui ne pourront jamais être allumées. Mais la lumière est en vous, la sagesse est en vous, le discernement est en vous.

Comprenez que ce sont là les choses dont je parle, je ne dis pas qu’il faut les créer, je ne dis pas qu’il faut aller les chercher quelque part, je ne dis pas que vous devez changer. Est-ce que vous comprenez ? Je ne dis pas que vous devez changer, car ce n’est pas nécessaire, vous avez déjà tout ça en vous, je ne dis pas que vous devez changer de religion, ça ne concerne pas la religion. Alors qui cela concerne-t-il ? Vous.

Connaissez-vous votre nature ? Votre nature, votre véritable nature, c’est être en paix. Voilà votre véritable nature. Votre véritable nature, c’est être satisfait, votre véritable nature est d’éprouver de la joie, voilà ce qu’est votre véritable nature.

Et vous pouvez faire tous ces périples, mais à la première occasion, c’est à votre véritable nature que vous reviendrez. C’est là que vous vous sentirez chez vous, parce que c’est chez vous, c’est là que vous éprouverez un sentiment de complétude, car il n’y manque rien. C’est ce qui doit se passer, vous devez laisser s’exprimer votre véritable nature. C’est à ça que vous aspirez, c’est ça que vous voulez.

Tous les efforts que vous faites dans le monde, tous les changements, c’est pour arriver à ça. La question est de savoir si cela arrive ou pas.

Quand Socrate dit « Connais-toi toi-même », ce n’est pas une erreur, c’est très clair. Savez-vous qui vous êtes ? Connaissez-vous votre nature ? Connaissez-vous vos besoins ? Est-ce que vous vous connaissez vous-même ?

Alors voilà ce que veut dire être conscient, se dire : « Attends, attends, il faut que je découvre de quoi il s’agit, il faut que je ressente, il faut que je fasse l’expérience de ça. »

Quand je vous dis que la paix se trouve en vous, est-ce que vous êtes d’accord avec moi ? Vous êtes d’accord avec moi parce que c’est moi qui le dis ou bien parce que vous l’avez senti ? C’est dur à comprendre, hein ? C’est ça, c’est exactement ça ! Ce n’est pas parce que c’est moi qui le dis que c’est vrai. C’est parce que vous le sentez que ça devient vrai. C’est ça, la réalité.

La vérité vraie est que vous êtes en vie. Lorsque vous le comprendrez, vous serez libre, car c’est la vérité. Le souffle qui vient en vous est le cadeau le plus précieux qui soit. Le jour où vous le comprendrez, bien sûr que vous serez libre, libéré de toutes les chaînes étranges dont vous vous servez pour vous enchaîner.

S’éveiller, être éveillé, pas seulement après avoir dormi, mais être éveillé chaque jour, pour voir l’évidence, pour voir, comprendre ce qui est réel, pour comprendre le sens du mot « maintenant ».

Il n’y a pas beaucoup de gens qui sont heureux d’être ce qu’ils sont. Ils veulent être quelqu’un d’autre. C’est une telle tragédie. Vous devez être heureux d’être qui vous êtes, d’être celui que vous êtes.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a du bon en chacun de nous. Il y a du merveilleusement bon en chacun de nous. Peu importe la quantité de mauvais, cela ne réduit pas, ne diminue pas, n’enlève rien au bon qui se trouve en chacun de nous.

Je sais que vous êtes nombreux à vous demander : « Qu’est-ce que je peux bien y faire ? Rien. Bien sûr, qu’est-ce que moi je peux faire ? » Ne vous posez pas la question, soyez en paix, c’est tout. Ne pourriez-vous pas considérer que c’est l’une des choses les plus puissantes que vous puissiez faire ? Si nous pouvions en faire une mode, ça ne prendrait pas longtemps, ça ne prendrait vraiment pas longtemps.

En confinement, 97e jour 00:15:10 En confinement, 97e jour Video Duration : 00:15:10 avec Prem Rawat

En confinement, avec Prem Rawat, 97e jour

 

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix.

 

Un processus dedécouverte

Conférence sur le multiculturalisme, la toléranceetla paix

Lisbonne, Portugal

 

Prem Rawat :

Chers invités, Mesdames et Messieurs, avanttoutjetiensàdirequec’estungrandhonneurpourmoi d’être ici et que c’est un réel plaisir d’être enprésencedepersonnesquis’intéressentàlapaix.Car,lorsque dans le monde des événements ne sont pas propices à notre existence, les guerres,les problèmes des réfugiés, la destruction desressourcesnaturelles, on doit se poser une question : « pourquoi ? »

Jesais,jelisdanslesjournaux« ilyatelettel problème ». Alors bien sûr, j’ai envie de demander : « Pourquoi a-t-on ce problème ? Qu’est-ce qui neva pas ? Comment se fait-ilqu’ily ait des personnes qu’on appelle des réfugiés,qui sont partisdechezeux, de làoùilsont grandi,qui ont quitté leur famille, perdu leurs biens et ontdû partirversunnouveaupays,unnouvelendroitpoursurvivre ? Pourquoi ? Pourquoi les guerres ?Pourquoinous battons-nous? »

Et je sais que partout dans le monde, chacunytrouve une raison. « Oh, on se bat depuistoujours, c’est comme ça. » Vraiment ? Est-ce uneraison suffisante ? Alors faites simplement ceci : unjour,quand vous aurez le temps, asseyez-vous et faitesuneliste de tout ce qui nous divise. Ce que nous voyons,cesont les différences, les différences, lesdifférences. Vous êtes Indien, vous êtes Australien, vousêtes Anglais.

Allez ! La vérité est que nous sommestous composés à 99% des mêmes éléments : l’oxygène,le carbone, le calcium, l’hydrogène, l’azoteet le phosphore, nous tous, hommes, femmes,enfants,instruits, pas instruits, riches, pauvres, noussommes tous faits pareils, avec ces mêmeséléments.

Et en tant qu’êtres humains nous désirons lapaix. Pourquoi ? C’est très simple aussi, parce que nous sommestrès vulnérables. La paix, nous en avons vraimentbesoin. Pourquoi sommes-nous vulnérables ? Nousn’avons pas de griffes, pas de grandes dents commeleslions, nous ne sommes pas équipés pour nousbattre. Vous savez pourquoi ? C’est parce que notre partiela plus vulnérable, que tous les autresanimaux protègent, est complètement offerte. C’estunevéritable invitation : « Venez me tuer », et pasd’uneseule façon, je vais vous montrer plusieurs façons de le faire : vous pouvez essayer ici, essayer ici etici…

Nous sommes vraiment vulnérables. La paixc’estquelque chose que nous avons toujoursrecherchécomptetenudenotresituation.Maisnoussommes devenus victimes de la cupidité. Nous avonsoubliénotre passion. Nous avons abandonné notrepassion de la compassion et nous avons adopté unelogiquetrèsétrange.

Quandjeparledepaix,lesgensdemandent, ilsneledisentpas,maisjesuissûrqu’ilslepensent, « Que proposez-vous, MonsieurRawat, pour apporter la paix dans le monde ?Queproposez-vous pour le faire ? Dans un mondeaussi instable, avec tous les problèmes qui existent, queproposez-vous ? » Ah ! Laissez-moi vous expliquerune chose, voici ma proposition : la paix est déjàdans chaque être humain et, comme elle est enchaqueêtrehumain,iln’yarienàfaire, rienàcréer,rien!C’est un processus de découverte, les gens vontdécouvrir la paix eneux.

Pour faire la guerre, noussommes vulnérables et pas très doués pour nousbattre… Écoutez, si nous frappons trop fort du poing, nous nous brisonsla main, ça montre à quel point nous ne sommes pas douéspournous battre. Alors de quoi a-t-on besoin pour se battre? Vous savez de quoi on a besoin? Demilliards dedollars.Onnepeutpassebattre,onabesoindemilliards de dollars pour se battre, on abesoin d’armées, de mitrailleuses pour se battre, etsavez- vous que pour se battre on doit tous s’entraîner? Même pour donner un coup de poing à quelqu’un,on doit vraiment s’entraîner. Ça montre à quel pointon n’est pas doué. L’idée, la logique nécessaire poursebattre, pour déclarer la guerre, on doitnous l’enseigner!

Mais la paix est en vous, elle y a toujours été, etonn’a pas à nous l’enseigner. On n’a pas ànous l’enseigner. Tout ce que vous avez à faire, commel’a dit Socrate, c’est : « Connais-toi toi-même. » Et quandvous vous connaissez, vous comprenez que la paix que vous cherchez est en vous. Nous ne comprenons paslepotentiel qu’a l’être humain. Nous disons : « Lesêtres humainsfontdeserreurs. »Maislesêtreshumains,les uns envers les autres, ont un trèsgrand cœur, ils peuvent aimer et quand ils décident defairepreuve de bonté, c’est sublime,merveilleux.

Dans mes trois dernières interviews onm’a demandé : « Vous avez rencontré beaucoupde personnalités importantes, de qui vous souvenez-vous ? » Alors jeleur ai raconté une petite histoire. La personnedonteffectivement je me souviens n’était pasunesommité, mais cette personne… Un jour, j’étaisen Inde au volant de ma voiture, quelqu’un avaitemporté un repas, mais il avait oublié l’eau.Doncaprès avoir déjeuné, on a eu très soif. On a aperçuun fermierquitiraitdel’eaud’unpuitsavecuneoutre. Ons’estarrêté,onestallélevoiretonluia demandé : « S’il vous plaît, pourriez-vous nousdonnerde l’eau ? »

Je me souviens de cet homme aussi clairementquejevousvoisaujourd’hui.Ças’estpasséilyapasmal d’années. Il a dit : « J’ai peu de choses,mais ma hutte est là-bas, il me reste un peu de paind’hieretunpeudechutney.Sivousavezfaim,ceseraun honneur pour moi de vous les offrir.»

Delagénérosité ?Oui.C’étaittoutcequ’ilavait. Nous avons pris l’eau, nous avons bu etnous l’avons remercié, et jusqu’à ce jour, c’est restégravéen moi, je n’oublierai jamais. J’ai parcouru lemondede nombreuses fois, j’ai rencontré beaucoup degens,maisjen’oublieraijamaiscethomme.Pourquoi ? Pour sabonté.

Voilà toute la bonté dont est capable unêtrehumain.Voilàcequ’unêtrehumainpeutréussir: vivreenpaix.Voilàtouteslespossibilités,etellessemanifestent dans ce monde.

Voilà la possibilité que nous avons. Voilà ce que nouspouvons comprendre. C’est le moment pour nous, c’estla chance que nous avons. Alors que l’humanitéregardece qu’elle a réussi, tout ce que je peux dire, c’estquela plus grande réussite de l’homme, de l’êtrehumain,ce sera la paix.

Et   quand   l’humanité   regardera   en   arrière,elle pourra dire à ses enfants, leur raconterunepetite histoire, pas celle des trois ours, maisellepourradirececi :« Voussavez,nousavonsétablila paix dans une situation des plus impossibles, nous avons établi la paix. »

La soif de paix transcendeincontestablementtoutes les barrières qui existent. Je l’ai vu.Elle transcende la barrière des langues, celle desreligions, elle transcende la longue liste de nos différences, elleles contourne intégralement. Et la soif de paix esten chaque êtrehumain.

Pouvons-nous comprendre les mécanismesdel’effortquefournitlepetit enfant, quechacundevousa fourni d’ailleurs ? Vous avez été cepetit enfant etvousvousvousêtes mis debout,vousvousêteslevéetvous êtes tombé. Vous êtes tombé, mais la bontéétaitlà pour vous encourager.

 

C’est à nous, à nous de comprendre, à nousde fairel’effort,ànousderendrepossiblelapaix dans notrevie.

En confinement, 98e jour 00:21:02 En confinement, 98e jour Video Duration : 00:21:02 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 98e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

 

Sur l'expérience et les croyances

Sao Paulo, Brésil

 

Prem Rawat :

Aujourd'hui, vous avez choisi d'être ici pour entendre parler de paix, pour approfondir votre compréhension de ce que signifie être en vie, pour faire un pas de plus. En fait, ce dont je veux vous parler, c’est de ce que nous sommes. « Qui sommes-nous ? Qu'est-ce qu'un être humain ? »

D'une certaine manière, c'est très simple : nous sommes composés de six éléments, oxygène, hydrogène, carbone, calcium, azote et phosphore. C'est ce que vous êtes. D’un point de vue logique, c'est ce que vous percevez. Quand vous regardez une autre personne, c'est ce que vous voyez. Peu importe qui vous regardez, voilà ce que vous voyez !

Mais cette vision est erronée. Quand nous regardons notre mère, nous ne regardons pas seulement le carbone, le calcium, l'oxygène et le reste, nous voyons autre chose. Quand nous regardons notre père, nous ne voyons pas seulement le carbone, le calcium, l'azote, le phosphore, l'hydrogène et l'oxygène. Nous voyons un père.

Lorsque nous voyons quelqu'un que nous aimons, nous ne nous contentons pas de dire : « Voilà ce que tu es. » Nous voyons la personne que nous aimons. Même si, techniquement parlant, c'est de cela que nous sommes faits, ce n'est pas tout. Il y a autre chose.

Un autre aspect est également présent : nos désirs, nos envies. Nous désirons être heureux. Nous avons une incroyable tolérance au bonheur. Nous pouvons absorber deux milliards de tonnes de bonheur chaque jour sans problème. Nous pouvons engloutir tout le bonheur du monde sans aucun problème.

De tous nos rêves, des feuilles de route que nous créons dans notre imaginaire pour atteindre le bonheur, nous dressons de petites cartes : « Si j'ai ceci, si j'ai cela, ceci et cela que je veux, alors je serai heureux. » Telles sont nos feuilles de route vers le bonheur.

Peu importe que vous soyez instruit ou non, que vous ayez un emploi ou que vous n’en ayez pas, chaque jour vous aspirez à être heureux. Vous êtes ainsi fait.

Maintenant, la question devient : « Si c'est ce que vous êtes, si c'est ce à quoi vous aspirez, si c'est ce que vous voulez, pourquoi l'humanité ne réussit-elle pas ? Qu’arrive-t-il ? » Plus nous essayons d'être heureux, plus nous sommes tristes. Plus nous essayons d'être libres, plus nous sommes frustrés.

Parce que nous sommes pris comme un poisson dans un filet, nous sommes pris dans un filet de définitions. Et nous croyons en ces définitions même lorsqu'elles ne fonctionnent pas. Même quand elles ne mènent à rien, nous continuons à y croire. Nous sommes devenus des croyants.

Avez-vous entendu parler de Léonard de Vinci, non ? Vous en avez entendu parler ? Bien. On a trouvé des notes de Léonard de Vinci. Et sur l’une d’elles, en bas de page, il signe : « Disciple de l'expérience, Léonard de Vinci. »

Quand j'ai lu ça, je me suis senti obligé de me demander : « Es-tu un disciple de l'expérience ? Suis-tu ton expérience ou bien suis-tu tes croyances ? » Il y a une grande différence, une énorme différence, parce que dans un cas on dit : « Je vais suivre ce que je sais » et dans l'autre : « Je vais suivre ce qui se présente ! »

Quelles questions posez-vous ? Quelles questions devriez-vous poser ? Vous demandez-vous : « Suis-je béni ? Et si je suis béni, est-ce que je le ressens chaque jour ? Chaque jour ? Suis-je en vie ? Est-ce que je me sens en vie chaque jour ? Ou alors, parmi mes émotions, est-ce que je ressens de la jalousie, de la colère, de la peur, du doute ? »

Si vous ne ressentez pas de jalousie, de peur, de colère et de doute, vous devriez être dans un musée. Vous devriez être empaillé et exposé dans un musée pour témoigner : « Voici une personne qui ne ressent ni colère, ni peur, ni doute, ni désarroi... »

Mais le fait est que, s'il y a la peur en vous, il y a également la liberté. S'il y a la colère en vous, il y a la compassion. S'il y a la confusion en vous, il y a la clarté. S'il y a la douleur en vous, il y a la joie en vous.

En vous ! Comprenez-vous ce que signifie “en vous” ? La plupart des gens entendent ce que je dis, mais cela ne fait pas sens : « En toi ! » Parce que chez la plupart des croyants, cela vient de “là-haut“.

Que provoque la peur ? Que vous fait-elle ? Elle vous détruit, elle peut vous détruire. Qu'amène la confusion ? Elle peut vous détruire, elle peut détruire votre instant, elle peut détruire une journée entière, instantanément.

Ainsi, le ciel est ici. Qu'en pensez-vous ? Le croyez-vous ou le savez-vous ? Savez-vous ou croyez-vous ? Savoir ? Oui ? Non ? Alors, oui ? Oui ! Et savez-vous ? Pas à cause de moi ! Non, non et non ! Je ne suis pas d'accord.

Je suis un miroir. Est-ce que le miroir crée le visage ? Je suis un miroir ! Je ne crée pas votre visage. Vous pouvez connaître le paradis, non pas à cause de moi, mais parce que vous êtes en vie. Si vous n'étiez pas en vie, il pourrait y avoir neuf millions de moi incapables d’aider qui que ce soit.

Parce que c'est vous ! Il y a le divin en vous. Que demander de plus dans une vie que le fait que l'être divin puisse se trouver en vous ? Plus proche que n'importe quel ami, plus proche que votre femme ou votre mari, en vous ? Celui qui vous accompagnera partout où vous irez.

Dans l'endroit le plus sombre, le divin est avec vous. Au sommet de la montagne, le divin vous accompagnera. Dans la confusion, le divin est avec vous. Dans vos ennuis, dans votre douleur, dans chaque émotion que vous considérez comme l'enfer, le divin est avec vous. Fêtez-vous cela ? En êtes-vous reconnaissant, remerciez-vous le divin d'être avec vous ?

Votre ami… Si vous ne vous montrez pas reconnaissant envers votre ami, il ne sera pas votre ami très longtemps. À un moment donné, vous devez lui dire : « Je t'apprécie. Merci d'être mon ami. » Que dites-vous au divin ?

Ce sont les paradoxes sur lesquels nous devrions travailler. Parce que lorsque nous commençons à résoudre ces paradoxes… Savoir, c'est vraiment, vraiment connaître le soi. « Se connaître soi-même ! » Voici une très bonne raison de vous connaître vous-même, parce que c'est ce que vous êtes.

Vous avez un esprit et vous avez un cœur. Vous êtes équilibré. Vous êtes équilibré. Si vous apprenez à utiliser les deux de façon égale, non seulement vous serez en paix mais vous prospérerez dans ce monde.

Seulement la plupart des gens savent n’en utiliser qu'un seul. Le cœur, ils ne le comprennent pas. Je dis « le cœur » et les gens se demandent « Qu'est-ce qu'un cœur ? De quoi parlez-vous ? » Je vais vous dire ce qu'est un cœur.

Le cœur est l'endroit où réside le courage humain. Le cœur est le foyer de votre clarté. Le cœur est le lieu en vous où réside et vit le divin. C’est à partir de votre cœur que vous recherchez la gratitude la plus sincère de votre existence. Le cœur est le lieu où réside l'amour, avec ou sans raison.

Le cœur est le lieu en vous où se trouve la soif d'être comblé. Ce lieu qui contient tout ce qui est bon est appelé « le cœur. » C'est cela un cœur. C'est le courage. Le courage de chercher la clarté en pleine confusion. Quand tout va mal, le courage de dire : « Non. Non. Je veux de la clarté, je veux être comblé. »

Avez-vous fait l'expérience de ce courage ? Avez-vous ressenti ce courage ? Avez-vous compris ce courage ? C'est le pouvoir que vous avez, votre pouvoir ! Celui de vous épanouir dans ce monde, de vous épanouir ! De briller ! D’être !

En confinement, 96e jour 00:20:30 En confinement, 96e jour Video Duration : 00:20:30 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 96e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

Le cadeau de la vie

Denver, États Unis

Prem Rawat :

Nous essayons de nous faire une idée de la vie mais sans en avoir la moindre compréhension. Pas la moindre ! Car le peu d’informations que nous avons ne vient pas de nous mais des autres. En effet, nous atteignons le beau milieu de notre vie sans comprendre en quoi elle consiste. Nous ne savons pas ce qui se passe vraiment.

Tout ce que nous savons, c’est que nous avons l’envie, le désir d’être heureux, parce que lorsque nous sommes heureux nous nous sentons bien. Nous voilà donc vivant. Nous savons qu’il est agréable d’être heureux. La vie est agréable quand tout va bien. Mais quelle est notre version du bonheur ? Nous ne le savons même pas car, en général, elle se résume à ceci : tant que les choses se passent comme nous le voulons, tout va bien. Quand les choses se déroulent comme nous le voulons !

Que signifie “comme vous voulez“ ? Vous roulez à 120 à l’heure dans une zone limitée à 80. Un policier vous fait signe de vous arrêter et vous dit : « Vous savez que vous rouliez trop vite ? » Vous répondez : « Ah, non, je ne savais pas. » Vous mentez effrontément.

Et là le policier vous répond : « Oh, je suis vraiment désolé. Je ne me suis pas rendu compte que vous ne vous rendiez pas compte de votre vitesse excessive. Pardonnez-moi. Allez-y, je vous en prie. Mille excuses de vous avoir retardé alors que vous étiez de toute évidence en route pour quelque chose de très important. » Voilà ce qu’est “comme je veux“.

Alors, qu’est ce “comme je veux“, “comme vous voulez“, “comme nous voulons“ ? C’est contraire aux lois de la nature. Contraire aux lois de la nature ! Vous êtes légèrement en retard ? Vous voudriez que le soleil se lève un peu plus tard. Si vous êtes légèrement en retard et qu’il commence à faire nuit, surtout en hiver car il fait nuit trop tôt, vous voudriez que le soleil ralentisse. Ouah !

Et ce drôle de petit jeu continue jusqu’à ce que nous arrivions à l’autre mur. Qu’est-ce que j’entends par “l’autre mur“ ? Il y a deux murs, d’accord ? Celui par lequel je suis arrivé et celui par lequel je vais disparaître.

En toute autre occasion, nous appellerions cela de la procrastination car l’inévitable va arriver de toute façon et nous essayons simplement d’en repousser l’échéance. Nous nous disons : « Ah mon Dieu… » Donc, lorsque nous parvenons au second mur, nous disons : « Heu, un jour de plus ? Deux jours de plus ? Trois, quatre, cinq jours de plus ? »

Je suis sûr que la mort est là et rit à gorge déployée. Nous ne nous rendons pas compte que c’est nous qui disposons d’un temps limité et non la mort. La mort a toute l’éternité devant elle. Le temps n’est rien du tout pour elle. « N’importe quand ! Je suis prête ! Tu es sur ma liste depuis le jour de ta naissance. » Le seul qui ne soit pas sur sa propre liste, c’est… savez-vous qui ? Vous !

Voilà de quoi je parle. Mon message est intimement lié à la paix. Oui, il n’est pas basé sur la foi. Non, il n’y a pas besoin d’avoir un ensemble de croyances pour que tout se mette en place. Il s’agit de faire une expérience par vous-même, de comprendre par vous-même, de vivre la vie chaque jour en ayant la compréhension de qui vous êtes.

Il n’est pas question d’une formule toute faite, ni d’interprétations données par quelqu’un, ni de citer un livre. C’est de vous qu’il s’agit, vous en tant qu’être humain. Voilà de quoi il est question, mes amis.

Vous voyez cette terre ? Vous voyez ces montagnes là-bas ? Vous voyez ces rivières ? Vous voyez ce soleil ? Ces étoiles ? Vous voyez la Voie Lactée ? Vous voyez la neige, les déserts ? Savez-vous pourquoi tout est là ? Pour vous. Vous ! Vous avez la possibilité d’exister, d’être témoin, d’admirer, de tomber amoureux, de vous émerveiller. C’est de vous qu’il s’agit.

Mais ce n’est pas ce que vous pensez. Selon vous, il s’agit de tout le reste mais pas de vous. Pourtant, c’est bien de vous qu’il s’agit. Un jour vous disparaîtrez. Et avec vous, avec vous, tout ce que vous admiriez disparaîtra également. Puis il y aura quelqu’un d’autre. Et ce sera son tour. Et puis il y aura quelqu’un d’autre et ce sera son tour, et puis encore quelqu’un d’autre. Mais là, tout de suite, c’est de vous qu’il s’agit.

Le divin ? C’est votre seule chance de comprendre ce qu’est le divin. C’est la seule chance que vous ayez de faire l’expérience d’une chose que l’on appelle tout simplement “la joie“. C’est tout ! C’est de vous qu’il s’agit !

C’est le seul moment où vous pouvez faire l’expérience de la clarté et être touché par elle, faire l’expérience de la sérénité et être touché par elle, faire l’expérience de la joie et être touché par elle. Étant ainsi touché, savez-vous ce qui va jaillir ? La gratitude la plus douce et la plus profonde qui soit, qui n’a rien à voir avec la politesse, qui n’a rien à voir avec ce que votre mère vous demandait de dire chaque fois que l’on vous donnait un bonbon.

C’est de vous qu’il s’agit car vous pouvez vous y relier, vous pouvez vous relier à l’univers. Vous pouvez rester là à regarder votre main, à admirer votre peau. Le matériau dont elle est faite n’est en rien différent de celui dont est fait l’univers tout entier. Quel tour de force, non ? Quelle chose extraordinaire, non ? Quel plaisir, non ?

Donc, quand je parle de paix, c’est pour dire que c’est par elle que vous devriez être attiré. Permettez-moi de vous dire ce par quoi vous devriez être attiré. Vous devriez être attirés par votre souffle. En venant en vous, il vous apporte le cadeau de la vie. Le cadeau de la vie ! La vie sans laquelle vous n’avez rien, sans laquelle vous n’êtes rien.

Votre cerveau extraordinaire, capable de résoudre des problèmes, ne fonctionne que parce que vous êtes en vie. Il ne fonctionne pas par lui-même. J’aimerais que ce soit le cas, mais non. Il ne fonctionne que parce que vous êtes en vie. Et ce qui vous apporte le cadeau de la vie, c’est le souffle.

Vous n’êtes capable d’aimer quelqu’un que parce que vous êtes en vie. Vous êtes capable d’avoir des liens, que ce soit avec votre oncle, votre frère, votre sœur, votre père, votre mère, votre fils ou n’importe qui, seulement parce que vous êtes en vie.

Donc, il faut que vous soyez vivant pour pouvoir être heureux. Et qui vous donne le cadeau de la vie ? Le souffle. Pour pouvoir faire tout ce que vous avez envie de faire et que vous voulez faire bien, vous devez d’abord être vivant. Et devinez ce qui vous apporte le cadeau de la vie ? C’est votre souffle. Et que connaissez-vous de lui ? Rien ! Absolument rien !

Le va-et-vient du souffle fait de nous ce que nous sommes mais nous ne le comprenons pas et c’est une catastrophe, une catastrophe que je veux empêcher pour chaque personne sur terre qui voudra bien m’écouter. Je veux empêcher cette catastrophe.

Vous connaissez les autres mais vous ne vous connaissez pas vous-même. C’est une catastrophe. Vous devez savoir qui vous êtes. Vous devez connaître votre être. Vous devez comprendre votre existence. La connaissez-vous ? Avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’elle soit terminée… Croyez-moi, elle passe bien trop vite.

Une lampe… Rien de plus triste que de voir une lampe éteinte, jetée, mise au rebut. Cette lampe doit être allumée pour que vous puissiez être, sentir et comprendre qui vous êtes.

Parfois nous souffrons. Certains d’entre nous sont passés maîtres dans l’art d’accepter la souffrance, n’est-ce pas ? Nous nous trouvons des excuses : « Oh, Dieu veut que je souffre. C’est sa volonté que j’apprenne quelque chose. Je n’ai rien appris de toute ma vie, mais vous savez… »

Il existe une chanson en hindi, je l’écoutais l’autre jour. Elle dit : « La douleur et le chagrin sont nos amis. Alors pourquoi s’en faire, pourquoi se soucier de la douleur et du chagrin puisque ce sont nos amis ? » Et je me suis dit : « Vraiment ? »  Non ! Non !

Votre vie, votre existence, voilà ce qui compte. Beaucoup pensent : « Mais n’est-ce pas égocentrique de voir les choses ainsi ? » Non. C’est les voir de la façon la plus humble qui soit.

Regardez la réalité, elle est humble et profonde à la fois. Quand nous regardons le soleil, nous nous rendons compte de sa beauté, de sa puissance. Nous nous sentons humble face à lui. Et pourtant nous sommes tellement content qu’il soit là ! Ce n’est pas “ou l’un ou l’autre“.

Les choses changeront dans votre vie, c’est une évidence. Pourquoi ? Parce que c’est dans leur nature. Vous essayez de les retenir sans toutefois y arriver. Mais savez-vous que malgré tous ces changements vous pouvez quand même être heureux ? C’est cela se connaître soi-même. Quand on se connaît soi-même, on peut dire : « Au fait, tout cela peut changer mais je peux malgré tout être comblé. »

Alors, savez-vous de quoi vous avez besoin ? Connaissez-vous la différence entre une envie et un besoin ? Non. Se connaître soi-même, voilà ce qui compte. Faire la distinction entre ce qui n’est qu’une envie et ce qui est un besoin. Se connaître soi-même : « Connais-toi toi-même. »

Peu importe ce qui se passe dans votre vie, vous avez besoin, pas envie, besoin de connaître la valeur de votre souffle, la valeur de la vie, la valeur du temps dont vous disposez.

Nous célébrons la vie. Nous célébrons l’existence telle qu’elle est et telle qu’elle se joue depuis des milliers d’années sur terre. Nous célébrons un message qui s’est toujours focalisé sur une seule chose, indépendamment de tout ce qui se passe : « Vous êtes vivant et vous avez beaucoup de chance. »

Je parle de la respiration. Un détenu, en Afrique du Sud, m’entendait tout le temps parler du souffle : le souffle par-ci et le souffle par-là. Alors un jour, il est retourné dans sa cellule et voilà ce qu’il a raconté à l’animateur du Programme d’éducation pour la paix.

Il s’est allongé sur son lit et il a commencé à se concentrer sur sa respiration, à sentir sa respiration. Il lui a raconté : « Tout-à-coup, sur ce même lit où je m’étais allongé tant de fois en proie à des tourments, j’ai commencé à me sentir en paix. Plus je sentais mon souffle, plus la paix m’emplissait. » Il a ajouté : « Au bout d’un moment, je me suis senti en paix comme jamais je ne m’étais senti dans ma vie. »

Cela vaut vraiment la peine de se connaître, croyez-moi, c’est une chose merveilleuse.

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