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En confinement avec Prem Rawat, 67e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix.

Radio Jacaranda 94.2 FM

Invitation au petit déjeuner avec Rian van Heerden, Johannesburg, Afrique du Sud

Avec Prem Rawat

 

Rian van Heerden :

C'est un immense plaisir d'avoir Prem Rawat dans l'émission de ce matin. Il voyage et parle de la paix depuis son enfance.

Il a également déclaré : « Nous savons tous à quoi ressemblent les symptômes de cette maladie : la cupidité, la guerre, l'égoïsme, la violence et une perte de confiance croissante. La paix est une chose réelle, la paix réside dans le cœur de chaque être humain. La paix doit émaner de chacun d'entre nous. »

Prem Rawat est avec nous.

Bonjour à vous, monsieur.

Prem Rawat :

Merci. C'est un plaisir d'être ici.

Rian van Heerden :

Je connais très peu de gens qui peuvent intéresser un public comme vous le faites. Hier encore je regardais votre conversation à Boston, dans le Massachusetts, vous aviez des choses profondes à dire, je pense que l'une des choses les plus importantes que j’ai apprises de vous est que nous devons découvrir ce qui nous rend heureux.

Rian van Heerden :

Et la même chose nous rend tous heureux, n'est-ce pas ?

Prem Rawat :

Oui, c'est la même chose, c'est un besoin fondamental. La paix n'est pas un luxe, la paix n'est pas un mot, en fait la paix est une chose que l’on ressent, comme la faim, comme le besoin de dormir, comme le besoin de manger, de boire, de respirer l'air, le fait est que nous avons besoin de paix dans notre vie, car sans cette paix, nos fonctions de base se détériorent, ce qui sous-tend notre pensée s'effondre, nos perceptions se désintègrent et nous ne pouvons plus fonctionner correctement en tant qu’êtres humains. Voilà pourquoi la paix est importante dans ce monde.

Texte à l'écran :

La vraie paix

Prem Rawat à Langa, Le Cap, Afrique du Sud

Prem Rawat :

Qui sommes-nous ? Que sommes-nous ? Que signifie le fait d’être ici, sur terre ? Et ce souffle qui vient en vous ? Que signifie être en vie en réalité ?

Que voulons-nous ? Voulons-nous surmonter un problème ou voulons-nous tracer une route pour l'avenir ? Voulons-nous nous occuper de certains problèmes ou voulons-nous créer une autoroute vers un avenir qui englobe chaque personne ? C'est la décision que nous devons prendre en tant qu'individus, et non en tant que société, mais chacun d'entre nous : que voulons-nous dans la vie ? Qu'est-ce qui est important ?

La paix, comme l'a dit le membre du Conseil municipal, c’est très facile d’en parler, très difficile à atteindre, pourquoi ? Si elle est si ardue, si elle est tellement hors de portée, alors pourquoi le concept de paix existe t-il, pourquoi même l'idée de la paix ?

Parce que chacun, 7 milliards et demi de personnes sur terre, a sa propre idée de ce qu'est la paix. Cette paix que vous portez dans votre esprit n'est pas la vraie paix. La paix que vous portez dans votre cœur est la vraie paix, celle qui ne cherche pas de raison d'être, mais qui existe depuis des temps immémoriaux pour ceux qui l'ont appréciée et accueillie dans leur vie.

La paix peut-elle exister au milieu d'un champ de bataille ? Quel meilleur endroit pour elle ? La paix peut-elle être vécue au milieu du chaos ? Quelle meilleure scène et quel meilleur contraste que celui-là ? Et c'est pour ça que les batailles se déroulent là, et que la paix danse là. Les deux dans le même vaisseau, dans la même personne, au même moment, comment est-ce possible ? Mais c'est le cas.

À quelle distance l'obscurité se trouve-t-elle de la lumière ? Dites-moi, quelle est la distance entre l'obscurité et la lumière ? Lorsque vous éteignez la lumière, en combien de temps l'obscurité apparaît ? Deux minutes ? Trois minutes ? Quatre minutes ? Ou bien instantanément ? Voilà la relation entre l'obscurité et la lumière : la lumière n'est jamais loin de l'obscurité et l'obscurité n'est jamais loin de la lumière, jamais. Tout ce que vous avez à faire, c'est être là où elle est, là où vous voulez être.

Vous voulez le mal, vous voulez accueillir le mal ? Accueillez le mal et vous ressentirez le mal, il influencera votre vie et vous entraînera vers le bas, vous fera déprimer, et que deviendrez-vous ?

La cupidité est-elle une marque de force ou de faiblesse ? La cupidité est-elle le signe de la force ou de la faiblesse ? je vous le demande, qu'en pensez-vous ? La cupidité est un signe de faiblesse, pas de force. La lutte pour le pouvoir est signe de faiblesse.

Avez-vous vu Star Wars, l'ancien, l’avez-vous déjà vu ? N'est-ce pas la scène la plus géniale, quand les commandos sont là ? Et que le type, Obi-Wan Kenobi, dit : « Inutile de vérifier leurs papiers » et qu’ils répondent : « Inutile de vérifier, bon, d'accord. » Pas besoin d'armes, pas besoin d'armes, la force !

La force vient de l'intérieur d'un être humain. C'est là qu'elle réside, c'est là que vous devez aller pour être en contact avec elle.

Et je n'ai pas raconté cette histoire ici, mais je l'ai racontée lors du lancement du livre et je l'avais racontée à la prison de Malmesbury où je suis allé, je vais la raconter ici aussi.

Il était une fois un village avec un chef. Un jour, un jeune garçon est allé voir le chef et a dit : « Chef, j'ai une question ». Le chef a dit : « Laquelle ? » l’enfant a dit : « Pourquoi certaines personnes sont bonnes parfois et ces mêmes personnes sont mauvaises d’autres fois ? Comment se fait-il que certaines personnes soient bonnes parfois, et ces mêmes personnes, mauvaises d’autres fois ? »

Et le chef a répondu : « Il y a deux loups en chacun d’entre nous, un bon loup et un mauvais loup, et ils se battent. » Alors le garçon a demandé : « Chef, pourquoi se battent-ils ? » Et le chef a expliqué : « Pour avoir la suprématie, pour te prendre sous leur contrôle, c'est pour ça qu'ils se battent. » Alors le garçon a un peu réfléchi et dit : « Chef, quel loup gagne ? Quel loup gagne ? » Et le chef a dit : « Celui que tu nourris. »

Qu'en pensez-vous ? Cette histoire vous plait ? Elle se termine abruptement et elle donne à réfléchir : « Bien sûr, le loup que je nourris est le loup qui va gagner. »

Laissez-moi vous demander, quel loup avez-vous nourri ? Quel loup avez-vous nourri ? Vous n'avez pas à me répondre, répondez simplement à vous-même, honnêtement, « quel loup avez-vous nourri ? »

« Je ne veux pas nourrir le mauvais loup car si je nourris le mauvais loup, je détruis ma vie ! Je détruis mon temps qui ne reviendra jamais, il ne reviendra jamais, il ne changera jamais. » C'est la décision qu’il nous faut prendre chaque jour : « Que voulez-vous dans la vie ? »

Quel loup voulez-vous nourrir ? Sur quoi voulez-vous vous appuyer, sur votre cœur ? Sur votre sagesse ? Votre compréhension ? Votre connaissance ? Ou voulez-vous vous appuyer sur tout ce que les autres vous ont dit ? C'est l'objectif du Programme d'éducation pour la paix, le Programme d'éducation pour la paix vous concerne vous, pas les autres personnes.

Partout où je vais, je vois que les gens sont complètement séduits les uns par les autres : « Qu’est-ce que les autres pensent de moi, que pensent-ils, est-ce qu'ils m'aiment ou pas, que vont-ils dire ? Qu'en est-il de mon entreprise, de mon ci et de mon ça ? S'agit-il de ça ?

C’est votre vie, celle qui vous a été donnée, à vous en tant qu'être humain. Où vous placez-vous, où se trouve votre place dans ce monde ? Il a fallu des millions et des millions d'années d'évolution pour vous soyez sur terre, pour que vous soyez là aujourd'hui, pensez-vous que c'est une erreur ? Pensez-vous que c'était le fruit du hasard ? Non, il a fallu des millions d’années d'évolution pour votre présence sur terre.

Un souffle entre, un souffle sort et vous êtes en vie. Votre palette est pratiquement infinie ! Ce que vous pouvez ressentir, ce que vous pouvez exprimer, pouvez savoir, pouvez comprendre, qui vous pouvez être, il n'y a aucune limite !

Mais c'est le domaine du cœur, c'est le domaine du savoir, c'est le domaine des personnes qui ont compris leur dignité et qui n'ont aucun problème à offrir la dignité aux autres. Vous vous liez à un autre être humain parce qu'il est vivant et que vous êtes vivant, pas à cause d’intérêts communs : « Oh, tu aimes la musique, j'aime la musique, nous sommes amis. »

Non : « Tu es en vie, je suis en vie, nous sommes amis. » Ce jour-là, le monde changera, ce jour-là, le monde va changer, non pas parce que « tu parles telle langue et moi aussi, nous sommes amis », mais parce que « tu es vivant et je suis vivant, nous sommes amis. »

Voilà la possibilité, si vous voulez l'accepter. Je ne suis pas ici pour vous faire un sermon, je n'ai rien à prêcher. Je veux susciter quelques pensées pour que vous puissiez réfléchir par vous-même.

Car si vous avez déjà ressenti votre cœur, vous savez ce qui est important pour vous, si vous avez déjà ressenti votre vie, vous savez ce qui est important pour vous, et si vous êtes ici, c’est parce que vous voulez vraiment la paix, vous savez que la paix n'est pas loin de vous, elle ne l'a jamais été, car elle danse dans le cœur de chaque être humain.

Quoi que vous fassiez ou ne fassiez pas, ne nourrissez jamais le mauvais loup parce que ce loup gagnerait. Ce n'est pas l'histoire que vous voulez.

Vous devez forger votre propre histoire, personne ne le fera pour vous. Personne ne va forger votre vie, vous devez le faire vous-même. Et ce feu n'amène parfois que déception, mais même dans cette déception, ce métal en fusion tourbillonne et se transforme. C'est parfois ce qu'est la transformation, c'est parfois cela la transformation.

Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il lorsque vous prenez de l'argile, de la terre, de la boue, et que vous les mélangez à l'eau ? C'est ce que les gens ne veulent pas sur eux, c'est ce que les gens ne veulent pas, une voiture passe et les éclabousse d'eau mélangée de terre, et vous dites : « Oh mon Dieu, je suis sale, je suis sale ! »

Mais si on prend la même boue, on la pétrit, la pétrit, la pétrit, on la place sur le tour et on la modèle… on la modèle et on en en fait une magnifique poterie.

Puis on prend cette poterie, on la met au four, elle y reste un moment pour la cuisson. Et quand elle sort, la même boue qui s'est retrouvée sur vos vêtements gratuitement et qui vous a fait paniquer, maintenant vous allez l’acheter et elle va décorer votre maison.

C'est la transformation, la transformation. Et vous devez laisser cette même transformation se produire pour vous-même.

Tout le monde, dans le monde entier, je ne vais même pas dire à Langa, ou en Afrique du Sud, je dis que le monde entier doit s'unir !

Le monde entier doit s'unir pour s'occuper de tous les problèmes absurdes auxquels il est confronté, afin de pouvoir tracer une route vers l'avenir, un avenir dans lequel il y ait prospérité, paix et dignité. En fait, d'abord la dignité, la paix, et ensuite la prospérité. C'est ainsi que ce doit être, pas seulement pour aujourd'hui, mais pour des générations et des générations à venir.

En confinement, 69e jour 00:17:09 En confinement, 69e jour Video Duration : 00:17:09 avec Prem Rawat
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En confinement avec Prem Rawat, 64e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

Prem Rawat en conversation avec le fondateur de la Journée de la paix, Jeremy Gilley

La paix est possible

Jeremy Gilley :

La paix est en quelque sorte un langage universel, car elle pourrait être différente en italien, elle pourrait être différente en japonais, en français, en allemand ou en anglais, peu importe, en arabe.

Peut-on parler de la paix d'une seule façon ? Vous voyez ce que je veux dire ? Y a-t-il une différence entre les cultures par rapport à l'essence de la paix ?

Prem Rawat :

Pas tant entre les cultures qu’entre les êtres humains eux-mêmes. Tout le monde porte des lunettes de couleurs différentes. Donc, quand vous mentionnez le mot « paix », chacun a sa propre définition.

Ainsi, si quelqu'un se trouve dans un pays où il y a un problème de nourriture, il peut dire « Bon, si tout le monde avait de quoi se nourrir, nous aurions la paix. » Si quelqu'un se trouve dans une situation de guerre comme en Syrie ou en Irak ou en tant d'autres pays : « Voilà ce qu’est la paix. » Il faut reconnaître cela et aller au-delà pour définir et expliquer ce qu'est réellement la paix.

Jeremy Gilley :

C’est très intéressant parce que je sais exactement ce que vous voulez dire. J'ai voyagé comme vous l'avez fait dans 133 pays, nous avons beaucoup voyagé. Et oui, les propos sur la paix sont différents selon les lieux.

Á présent, nous nous sommes lancés dans la technologie et je sais que vous êtes grand amateur de technologie. C’est pourquoi je vous ai parlé comme si vous étiez « le Jedi. » Ce que vous faites, voler, filmer, écrire, est vraiment très inspirant.

Mais je pensais que la technologie… Parfois les gens disent : « Oui, mais vous n'avez pas besoin de vous préoccuper de ce qui se passe dans la partie du monde la plus développée, mais de ce qui se passe dans les endroits où ces conflits se déroulent. »

Et je me dis : « Non, nous qui ne sommes pas inquiets au sujet de notre nourriture et qui avons un toit au-dessus de nos têtes, nous qui avons ces privilèges devons être vraiment impliqués. Nous avons ce cadeau et l’occasion de nous impliquer. » Raisonnez-vous parfois ainsi ?

Prem Rawat :

Oui, tout à fait ! L'une des choses que je vois, c'est que les conflits qui se déroulent dans ce que nous considérons comme les « pays du tiers-monde » sont en fait initiés par les pays du « premier monde ».

Il faut beaucoup d'argent et beaucoup de technologie pour déclencher une guerre de nos jours. Et cette technologie n'est pas née dans les pays du tiers-monde, c'est la technologie des pays du premier-monde qui entre en jeu et détruit la vie des gens.

Selon moi, la paix dont je parle… en effet le « pas de guerre » ou « pas de ce problème-ci » ou « pas de ce problème-là » sont les conséquences de quelque chose qui ne va pas en nous.

Y a-t-il une raison pour laquelle les gens souffrent de la faim ? Il n'y a absolument aucune raison logique parce que si la quantité de nourriture jetée chaque jour était récupérée et gérée correctement...

La terre produit plus de nourriture qu'il n'en faut, même à ce stade du jeu. Pourquoi les gens ont-ils faim alors qu’il y a plus de nourriture que nécessaire et assez pour nourrir tout le monde ? La question n’est pas la nourriture mais sa distribution, parce que certains accumulent. Ce n’est pas la nourriture mais sa distribution qui conduit les gens à la famine.

Donc, je vois que dans le monde occidental... Et regardez, votez-vous vraiment pour les législateurs dans le monde occidental ? Parce que c'est ce que l'on nous dit : « Votez pour cette personne... »

Lorsqu’ils sont élus, ils vont... ce sont les lobbyistes qui font les lois. Ce ne sont pas les gens qui sont protégés…

Cela va t-il changer, cela devrait-il changer, cela peut-il changer ? Je ne suis pas un politicien mais je sais une chose. Il y a suffisamment de bonté dans chaque être humain sur Terre. Si elle était mise en évidence, si elle était encouragée, une chose simple se produirait : non pas la sympathie, mais l'empathie. Pour la première fois le monde commencerait à utiliser le savoir à bon escient.

Nous cherchons à accumuler des connaissances mais nous n'accumulons pas la sagesse. Par exemple, dans un cockpit, les pilotes savent qu'il y a une liste de contrôle, tous les pilotes savent qu'il y a une checklist. Utiliser cette checklist, c’est cela faire preuve de sagesse.

Et de même pour accroître les connaissances il faut inventer de nouvelles choses, comme les téléphones. Et tout à coup, si vous n'utilisez pas votre téléphone de manière judicieuse, il peut vous faire atterrir à l'hôpital ; des gens ont été tués en utilisant leur téléphone. Donc, pour moi, c’est par de petites choses qu’il faut commencer et se comprendre soi-même est le premier pas important vers la paix.

Jeremy Gilley :

Oui, je pense à tellement de choses en vous écoutant parler. Tout comme les gens qui écoutent, bien sûr, vous nous inspirez et nous invitez à réfléchir...

Quand je vous ai vu il y a six ans, je pensais à la Journée de la paix. Vous pensez que la paix est possible. Nous parlons, nous essayons d'inspirer, nous essayons d’encourager, nous faisons ce que nous pouvons. Le travail incroyable que vous faites dans les prisons depuis des années est extraordinaire...

Une chose est vraiment inquiétante, c'est le temps qu'il nous reste en termes de ressources et la façon dont nous avons traité cette belle planète...

J’ai actuellement de plus en plus de conversations, depuis les cinq dernières années et en particulier les deux dernières, avec des gens très bien informés. Je me suis retrouvé avec eux sur une plateforme et ils ont exprimé qu’il ne restait que 350 à 400 ans aux êtres humains.  Et ce sont des gens très, très bien informés.

Vous parlez de la checklist ? Nous connaissons cette liste. Et avec la sagesse, a t-on encore le temps ? Je suis inquiet, j'ai peur et je suis triste.

Prem Rawat :

L'analogie qui me vient à l'esprit en entendant cela, c'est : votre maison est en feu et vous vous tenez à l'extérieur, vous allez bien mais votre maison est en feu.

Donc, vous pouvez rester planté là à dire, « Devinez quoi, les gars, ma maison est en feu. » Cinq minutes plus tard : « Vous savez quoi ? Ma maison est en feu. » Six minutes plus tard : « Ma maison est en feu. Ma maison est en feu, ma maison est en feu, ma maison brûle, ma maison va brûler, ma maison va brûler... »

Si vous continuez ainsi, c'est exactement ce qui arrivera : votre maison va brûler.

Ce que vous devez faire, c'est prendre un seau, un tuyau, ne restez pas là à faire un rapport sur l'incendie de la maison. Agissez pour contrer ce feu !

Je dis cela parce que, tout récemment, il y a eu un énorme incendie là où je vis et de nombreuses maisons malheureusement ont été ravagées. La maison de mon voisin a été détruite.

Il faut une approche proactive pour changer cela, pour changer le scénario. Ce que je veux dire, c’est que nous avons la possibilité de le changer mais nous devons arrêter de parler en terme de « nous » et devons dire : « Chaque individu doit être responsabilisé. »

Quand nous entrons en scène, il faut vraiment que ce soit « je suis là » et non « nous sommes là ». « Je suis là sur cette scène. » Je veux vous parler de la possibilité de ce que nous, collectivement et en tant qu'individus, pouvons faire pour changer ce scénario. 

Le problème est que, dès que ce « je » devient « nous », dès qu'il devient « nous », les gens disent : « Il va arranger ça. Il doit changer. Je n'ai pas besoin de changer, je n'ai pas besoin d’arranger ça, je n'ai pas ce problème. »

Je l’ai vu, c'est soixante années d'expérience qui parlent !

Jeremy Gilley :

Oui, oui.

Prem Rawat :

Et cela peut être changé. Cela peut être changé et cela peut être changé. La raison pour laquelle cela peut être changé est que le problème que nous abordons en ce moment est créé par des êtres humains et, s'il est créé par des êtres humains, ils peuvent aussi l'inverser.

C’est un cadeau que nous soyons ici. Cette planète, l’océan somptueux, les rivières, les forêts, les papillons, tout cela est spectaculaire. Mais voilà, nous l’avons exploitée sans comprendre les conséquences de nos actes. C'est une maladie qu’ont les êtres humains. Nous agissons comme si nous ne savions pas quelles seront les conséquences et, en fait, nous ne le savons pas.

Nous avons donc fait beaucoup de choses que nous pensions bonnes mais nous n'avons pas vraiment compris leurs conséquences. Maintenant ces conséquences commencent à faire surface et elles sont réversibles, elles peuvent être inversées. D’après les scientifiques que j'ai entendus, c'est la bonne nouvelle parmi tout ce qu'ils ont à dire : « Elles peuvent être inversées. »

Jeremy Gilley :

Oui, c'est vrai. Mais ce que nous comprenons, vous et moi, et ce que j'entends, c'est que nous devons toucher les individus, que ce soit à cet endroit ou dans les rochers au milieu de nulle part, à New York, à Londres, à Sydney, peu importe.

Nous devons essayer d’impliquer les gens avec ce sentiment que ce sont eux qui peuvent changer le monde et collectivement nous le pouvons. Nous pouvons changer le niveau de conscience sur les questions fondamentales auxquelles nous sommes confrontés.

Prem Rawat :

C'est tout ce que cela demande. Inutile d’aller trop loin. Juste assez, juste assez et une fois que cela a fait pencher la balance, c'est bon.

Jeremy Gilley :

Je voulais mentionner trois choses, pour m'aider et sans doute en aider d'autres. Pouvez-vous me parler de l'importance de la famille ?

Quand je pense au monde et à la paix, je pense à ma famille et si ma famille est unie... Pouvoir le faire à l'échelle mondiale amènerait en quelque sorte la paix dans le monde. Pouvez-vous me parler de l’importance de nous entraider ? Votre opinion là-dessus ?

Prem Rawat :

Eh bien, une famille est cette entité qui agit comme un pare-chocs. Quand un choc survient, elle peut l'adoucir. La famille est comme une personne qui vous nourrit, qui procure des soins, qui peut vous comprendre quand personne d'autre ne vous comprend. Plus que vos amis. Et évidemment, celle qui peut vous donner des conseils sans s’inquiéter de provoquer votre colère et vous conseiller judicieusement.

Une famille, c'est vous sous une autre forme. Ce n'est pas seulement une fleur mais un arbre qui fleurit, voilà ce qu’est la famille. Et pour moi, avoir cette famille, comprendre cette famille et ne pas la réprimander, ne pas la reléguer, mais comprendre qu’elle passe en premier.

Regardez la nature, il ne s'agit pas d'une seule fleur. Une plante ne se contentera pas d'une seule fleur mais en voici une autre, une autre, une autre, et avant d’avoir eu le temps de dire ouf, voilà une famille.

Et sa mission, son travail, son but, quels qu'il soient dans le monde, sont bien plus grands et bien plus beaux lorsqu'elle fleurit et qu'il y a cette floraison sur la plante, pas seulement une fleur.

Jeremy Gilley :

Oui, incroyable. Lors du Jour de la paix, le 21 septembre, une des choses que nous avons toujours dite est comme « amenez... » Quelqu'un a dit : « Que puis-je faire ? » J’ai dit « Eh bien, réunir la famille. » Réunir la famille, ne faire qu’un ce jour-là, une sorte de famille mondiale et aussi celle que nous avons. Et avec un peu de chance, nous verrons beaucoup de choses se passer ce jour-là, ne serait-ce qu’un peu d'amour.

Je pensais au week-end, j'étais avec ma petite fille et je l'adore ! Dans mon existence entière, rien ne passe avant elle...

Quand je suis avec elle, il n'y a rien d’autre que Rose. Plus question de travail, il faut que ce soit ainsi pour moi et j'aime ça. Comment puis-je me retenir? Je l'aime tellement, j'ai en quelque sorte envie de tout faire...

Avez-vous déjà ressenti ça ? Avez-vous des paroles de sagesse pour nous, en termes de relations personnelles et de relations familiales ? Quand on aime tellement, c'est parfois trop...

Prem Rawat :

Ce n'est jamais trop.

Jeremy Gilley :

Ce n'est jamais trop ? Ok, super.

Prem Rawat :

Ça ne pourra jamais l'être. Ce n'est pas possible. Arrêtez de penser, commencez à aimer.

Ne pensez pas à l'amour. Ressentez l'amour dans votre vie, c'est un cadeau. Jamais le même. Non, il change. Vous changerez et un jour vous ne serez plus là. Donc, aimez comme s'il n'y avait pas de lendemain. Cessez de penser à ce que tout cela signifie ; commencez à aimer.

Si nous faisions cela, ce monde serait différent aujourd'hui.

Jeremy Gilley :

Fantastique. Voilà de grandes pensées, mais qu'en est-il de la mort ? Je frise la cinquantaine ! En regardant ma mère et mon père, je me dis : « oh, vous vous en sortez bien... »

Il n'y a pas si longtemps, j'ai aidé ma mère à dire au revoir à sa propre mère. Est-ce la même chose que l'amour... simplement l’amour ?

Je regardais cela et ça m’a fait peur. « Vous avez été incroyables dans le soutien que vous m'avez apporté et la façon dont vous m’avez encouragé, » et l'idée qu'ils ne soient plus là, c'est...

Prem Rawat :

Est-ce ce dont vous avez peur, qu'ils ne soient plus là ?

Jeremy Gilley :

Oui, c'est un peu cela. Parfois je les regarde et je me dis : « Eh bien, que ferais-je dans les moments difficiles ? » Et je téléphone à ma mère ou à mon père et je dis : « Bonjour, oui, vous êtes là, vous êtes là. » Et penser qu'ils ne soient plus là, c’est…

Prem Rawat :

Eh bien, vous ne les perdrez jamais. Ils vivent en vous et ils vivront toujours en vous. Vous ne les perdrez jamais. Tant que vous êtes en vie, ils vivront en vous.

C'est comme la lune et la terre. Cette lune a été engendrée par la terre. Elle ne fait plus partie de la terre tout en faisant toujours partie. Elle exerce une influence. Cette sagesse qu'ils vous ont donnée quand vous les avez appelés dans les moments difficiles, elle est en vous. Elle ne disparaîtra pas.

Ne vous souciez pas de la mort parce que la mort est automatique, vous n'avez pas besoin de prendre rendez-vous, vous n'avez pas besoin d'aller voir qui que ce soit ; non, non, elle vient.

N'ayez pas peur de perdre ceux que vous ne perdrez pas parce qu'ils seront en vous. Génétiquement, vous en êtes une partie, vous êtes comme une lune. Vous venez d'eux. Vous serez en orbite. Ils seront là pour vous, dans vos souvenirs, ils vont rire, ils vont danser, ils vont vous dire des choses. Les êtres humains sont une chose merveilleuse.

Et aucune peur, aucune crainte. Transformez cette énergie que vous utilisez pour avoir peur, pour vous faire du souci, et utilisez-la simplement pour aimer. Aimez-les comme s'il n'y avait pas de lendemain. Et alors ils seront plus proches de vous que vous ne le pensez.

Jeremy Gilley :

Ouah ! Oui. C'est une belle pensée. Merci, Prem. C'est fantastique de vous revoir.

Prem Rawat :

C'est bon de vous revoir aussi, Jeremy.

Jeremy Gilley : Entendu. Je vous remercie.

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