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En confinement, 76e jour 00:17:07 En confinement, 76e jour Video Duration : 00:17:07 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 76è jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

 

Pratiquer la bonté

Quand le désert fleurit

Événement avec l’auteur, Miami, États-Unis

 

Prem Rawat

Je vais commencer par cette question : « Qui êtes-vous ? » Vous êtes un être humain ! Que veut dire « être un être humain » ?

Nous avons créé un petit monde idyllique pour nous et dans ce petit monde idyllique, nous sommes parfaits, nous nous voyons d’une certaine façon. Et dans ce petit monde, nous sommes le sage, nous avons des réponses à toutes les questions, une solution à tous les problèmes sauf les nôtres.

C’est vrai, c’est ce que nous faisons. Nous sommes capables de résoudre les problèmes du monde. Demain nous pourrons résoudre les problèmes du monde mais pas les nôtres. Nous ne sommes là que depuis six mille ans et nous pensons être les maîtres, tout savoir et avoir tout compris.

Et puis, tout à coup il se passe quelque chose et nous nous retrouvons complètement vulnérables. Notre puissance disparaît. Notre petit monde idyllique s’écroule…

Alors ce que j’essaie de dire là, c’est : sommes-nous juste ce que nous pensons être ou existe-t-il une autre réalité ? Qui êtes-vous ? Et que pratiquez-vous ?

Chaque jour vous faites ce que, selon vous, vous devez faire… Vous vous réveillez, au moins cinq jours par semaine, vous vous réveillez et vous devez faire des choses que vous n’avez peut-être pas envie de faire. Vous vous levez le matin en faisant… Vous voyez, il ne s’agit pas de savoir « quoi » mais « pourquoi ? »  Pourquoi y-a-t-il une fonction “rappel d’alarme“ sur votre réveil ? Qu’est-ce que cette fonction “rappel d’alarme“ ? Et bien cette fonction montre que lorsque vous vous réveillez, vous n’êtes pas prêt à vous réveiller. Et que vous aimeriez avoir cinq minutes de plus.

Cinq minutes de plus et encore cinq minutes et encore cinq… Et lorsque vous rencontrez quelqu’un que vous aimez et avec qui vous passez un peu de temps, vous voulez cinq minutes de plus… Mon Dieu, votre vie ne tient-elle que dans ces cinq minutes de plus ? Est-ce ainsi que vous fonctionnez ? Si c’est ainsi que vous fonctionnez, comment allez-vous pouvoir être en forme ?

Le bien-être. Etre bien. Mais l'être ne sait pas comment être. Si l’on oublie le “bien“ (qui est un homonyme de “puits“ en anglais), ce “bien“ tout seul n'est alors qu'un trou dans le sol avec de l'eau. Mais quand l'être comprend qui il est, c'est alors que commence le processus du bien-être et le “bien” (le puits) n'est plus un trou dans le sol avec de l'eau, mais il signifie s'épanouir, devenir un être qui peut s'épanouir et pas quelqu’un qui mendie sans arrêt cinq minutes de plus.

Bien, maintenant j’ai envie de parler de ce qu’est un être humain parce qu’il n’y a pas de sujet plus merveilleux. Donc ce qui définit réellement un être humain, croyez-le ou pas, mis à part le fait qu’il vous reste effectivement un vestige de queue, c’est que vous disposez d’autre chose, à savoir un cœur. Et dans ce cœur réside un océan. Vous avez un océan de sérénité, vous avez une sagesse sans égal, une générosité incroyable, une bonté sans limites. Ça aussi, c’est vous.

Vous êtes en vie et c’est un cadeau inestimable. Ce cadeau est aussi donné aux gorilles, il est aussi donné aux baleines, il est aussi donné à tous les singes. Mais vous êtes le singe qui peut véritablement apprécier ce cadeau et ressentir de la gratitude en retour. C’est ce qui vous rend spécial, c’est ce qui vous rend différent, non pas l’absence d’une petite queue touffue. Voilà ce qui vous rend différent.

Vous avez la possibilité… Un chien est reconnaissant quand on lui donne un os. Vous, vous pouvez être reconnaissant d’être en vie. C’est fantastique, non ? Vous pouvez être reconnaissant de respirer, vous pouvez être reconnaissant d’être capable de comprendre. Alors je vous demande : est-ce cela que vous voulez dans votre vie ? Est-ce ce qui constitue la base de votre existence, de ce que vous appelez le bien-être, le véritable bien-être ? J’offre ici une possibilité, bien que pour l’instant ce ne soit qu’avec des mots, mais j’offre la possibilité d’éprouver de la gratitude, d’être reconnaissant chaque jour. De quoi ? D’être en vie, de respirer.

Et de découvrir tous vos trésors, les trésors qui sont en vous. Je ne parle pas d’une idée abstraite, je parle de ressentir quelque chose de réel chaque jour de votre vie en reprenant contact avec vous-même, pas avec une idée, mais avec votre cœur.

Que savez-vous de votre cœur ? Qui vous a appris à écouter le murmure du cœur ? Savez-vous danser sur l’air que votre cœur vous chante tous les jours ? Savez-vous comment répondre à votre cœur ? Le savez-vous ? Savez-vous être sincère ? Ou bien est-ce un art, être sincère est-il un art que vous avez oublié ?

Alors laissez-moi vous rappeler qu’au sein de votre cœur existe une chose comme la sincérité, que la réalité est très belle, qu’être vivant est une belle aventure. La meilleure chose qui pourra jamais vous arriver, jamais vous arriver, se produit chaque jour de votre vie. Et ce n’est pas le fait de gagner le gros lot, désolé, non. Certains d’entre vous en rêvent : « Ouah ! Je vais gagner le gros lot. » Non ce n’est pas le gros lot, c’est le fait d’être en vie.

À partir des éléments qui sont sur terre, vous émergez, vous existez, et pour le dire clairement, vous ne serez pas toujours là. Il y a longtemps, j’ai évoqué ces deux murs pour expliquer la vie. Il y a deux murs. Lorsque nous traversons un mur, nous appelons cela naître. Puis nous avançons… et nous disparaissons à travers l’autre mur et nous appelons cela “tirer notre révérence“. Peut-être avez-vous d’autres mots pour l’exprimer, mais…

Je sais que vous avez déjà entendu le mot “voyage“, « la vie est un voyage ». Oui ? Je ne sais pas si nous pouvons parler de voyage, mais je sais une chose : entre ce mur par lequel je suis passé et cet autre mur par lequel je devrai passer, il y a une route. Et je dois emprunter cette route, je dois avancer sur cette route, je n’ai pas le choix. Et cette route c’est le temps.

Mais il y a une chose que j’ai remarquée à propos du temps, c’est qu’il est absolument impartial. Je n’ai jamais rien vu d’aussi impartial que le temps. Tout lui est égal. Je suis malheureux ? Il va au même rythme, peu lui importe. Je suis extrêmement heureux ? Ça lui est égal. J’ai mal agi, ça lui est égal ; j’ai bien agi, ça lui est égal. Il continue simplement d’avancer, d’avancer, d’avancer. Donc le temps est impartial, le chemin est impartial, les deux murs sont complètement impartiaux, peu leur importe. J’ai l’impression que dans ce voyage, sur ce chemin d’un mur à l’autre, la seule chose que j’ai, c’est le discernement, la seule chose que j’ai, c’est la bonté. Ce sont mes amis. La seule chose que j’ai, c’est une soif, la seule chose que j’ai, c’est le pouvoir de comprendre, la seule chose que j’ai, c’est la joie qui est en moi.

Et je pense que la meilleure façon de l’exprimer, c’est de dire que si je ne mets pas en pratique ces choses-là, bien que techniquement je ne puisse pas le perdre, je le fais et cela s’appelle “perdre mon temps“.

Alors, alors, pratiquez la joie, pratiquez la clarté, pratiquez la compréhension, pratiquez la bonté.  L’idée est que vous deveniez, grâce à cette pratique, grâce à cette compréhension, quelqu’un qui apprécie et comprend véritablement ce qu’est la vie. Alors vous la mériterez. Vous n’aurez pas à mendier cinq minutes de plus. Et tout commencera à changer.

En confinement, 78e jour 00:14:54 En confinement, 78e jour Video Duration : 00:14:54 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 78e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

Antonio Mateus,

Journaliste à la Radio Télévision portugaise

Prem Rawat,

Ambassadeur de la paix

Antonio Mateus :

Cela fait 50 ans maintenant que vous partagez vos paroles de paix, votre message de paix, dans le monde entier…

Prem Rawat :

Oui, j’ai commencé à voyager en 1978 ou plutôt 1968, non… 2021 sera le 50e anniversaire.

À l’écran :

Maria Rosas

Barcelone, Espagne

Prem Rawat et Antonio Mateus

Perspectives fondamentales

Antonio Mateus :

Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?

Prem Rawat :

En fait, ça fonctionne. Le fait de transmettre ce message donne des résultats, cela apporte de profonds changements dans la vie des gens. Ce qui ne fonctionne pas, ce sont les systèmes mis en place dans le monde et qui ne tiennent pas leurs engagements. Malgré cela, les gens continuent à y croire au lieu de se comprendre eux-mêmes.

J’étais en Afrique du Sud récemment et c’était incroyable. Je parlais de la paix à la radio et je recevais des appels. Certains disaient : « Ce n’est pas possible. » Un monsieur a dit : « J’ai une petite fille et elle ne voit pas la différence entre les noirs et les blancs, elle joue avec tout le monde, elle s’amuse. » Faire des différences, c’est quelque chose qui s’apprend.

Et puis il a dit : « Mais la paix n’est pas vraiment possible. » J’ai répondu : « Attendez. Si on peut apprendre un comportement, on peut le désapprendre. Pour quelle raison continuons-nous à l’apprendre et à le transmettre ? Désapprenez ce comportement. Comprenez que chaque être humain sur terre est le même. »

Nous avons tous des problèmes. Ils ne sont pas nouveaux. Personne n’a de nouveaux problèmes. Quelqu’un avant nous a eu exactement le même, s’est senti comme nous, et nous sommes là, à notre époque, en ce moment, à répéter ce qui s’est déjà fait à de nombreuses reprises.

Quand allons-nous rompre ce cycle ? Quand allons-nous accepter : « Me voici, je suis vivant, je suis là ; il y a du bon en moi, il y a du mauvais en moi » ?

Une fois que nous commencerons à changer cette habitude que nous avons prise, je crois que nous verrons les choses changer et qu’il y aura une nouvelle appréciation pour mon message. Car je ne suis pas le seul à transmettre ce message. Il résonne depuis des siècles dans le monde entier, à commencer par Socrate qui disait : « Connais-toi toi-même. »

Et même avant lui. « Il y a quelque chose à comprendre au sujet de chaque être humain. » Et donc, en chaque être humain il y a 50% de bon et 50% de mauvais. Si on ne nourrit que la mauvaise moitié, c’est elle qui prédominera. Si on nourrit la bonne moitié, c’est elle qui prédominera.

Il faut bien comprendre cela. Nous ne pouvons pas tout mettre dans une boîte. Toute notre vie, c’est précisément ce que nous faisons, nous mettons les choses dans des boîtes. Nous voyons un homme qui a une grande cicatrice sur le visage : danger ! Il pourrait être l’homme le plus doux qui soit mais ce n’est pas ce que nous voyons. Nous voyons la cicatrice.

Nous voyons que quelqu’un est grand, que quelqu’un est plus fort ou plus faible que nous. Vraiment, tous les jours, tous les jours : « boîte, boîte, boîte. »

Nous sommes des êtres humains. Nous sommes sur terre. Nous ne sommes pas meilleurs qu’un lion. Nous ne sommes pas meilleurs qu’une girafe. Une girafe peut faire des choses que nous ne pouvons pas faire. Un lion peut faire des choses que nous ne pouvons pas faire. Le lion a un avantage sur nous. Il est féroce, il est fort, mais quand il est rassasié, il perd toute agressivité. Il s’allonge et il se la coule douce. Nous, quand nous sommes rassasiés, nous continuons à être avides.

Faire la guerre coûte très cher. La guerre n’est pas gratuite. Il faut des armes. Il faut former des gens à l’utilisation de ces armes. Il faut faire beaucoup d’efforts pour partir en guerre. Pour la paix il n’y a besoin de rien. Elle ne coûte rien. Il n’y a vraiment rien à faire en fait, simplement laisser être les gens, leur donner un peu d’espace vital et avoir de la bienveillance. Et les choses fonctionneront.

Mais toutes ces choses que nous avons mises en place, la terreur, la peur, ont souvent été utilisées pour nous manipuler. Vous savez, la peur du paradis et de l’enfer. En fait je devrais dire « l’envie d’aller au paradis et la peur d’aller en enfer. » Si vous faites cela, vous irez en enfer. » Aller ? Aller où ?

Qu’est-ce que l’enfer ? Quand vous n’êtes pas au paradis, c’est cela l’enfer. Et quand vous êtes au paradis, que se passe-t-il ? Vous êtes dans la lumière, vous avez la compréhension de vous-même. Vous avez développé la bienveillance. Vous avez développé le courage au lieu de la peur. Vous avez développé le savoir au lieu de l’ignorance. Vous aimez voir clair. Vous réfléchissez d’abord et agissez ensuite.

La plupart des gens agissent d’abord et réfléchissent ensuite. Quand je vais voir des personnes qui ont été incarcérées dans des établissements pénitentiaires, c’est ce que je leur dis : « Vous vous souvenez ? Vous avez agi d’abord et maintenant vous réfléchissez. Et vous allez réfléchir longtemps. Si seulement vous aviez réfléchi d’abord et agi ensuite, vous ne seriez pas ici à réfléchir, réfléchir, réfléchir. »

Donc les possibilités existent, mais pourquoi ne pas perpétuer la bienveillance ? Pourquoi ne pas perpétuer la compréhension ? Pourquoi ne pas perpétuer les éléments qui vont nous permettre de résoudre nos problèmes ?

Nos problèmes ne sont pas tombés du ciel. C’est nous qui les avons créés. Tous les problèmes que vous voyez sont en fait des problèmes que nous avons créés.

Le point positif est que, les ayant créés, nous pouvons les défaire. Cette possibilité existe. Mais cela demande de la conscience, du courage, de la compréhension et de la lucidité pour le faire.

Antonio Mateus :

Pendant ces cinquante années, vous avez rencontré tellement de hauts responsables que vous ne pouvez sans doute pas vous souvenir de tous. Comment les évalueriez-vous ? Ont-ils pour la plupart cette sagesse ou bien votre évaluation n’est-elle pas très optimiste ?

Prem Rawat :

Je me souviens d’un homme, mais ce n’était pas un haut responsable, c’était un fermier.

Antonio Mateus :

Vous ne vous souvenez que d’un seul homme ?

Prem Rawat :

Si l’on me demandait : « Pendant ces 50 années, à part votre père, votre famille, vos amis ou vos connaissances, qui avez-vous rencontré ne serait-ce qu’une fois, une seule fois, même très brièvement, dont vous vous souvenez ? » Ce serait ce fermier.

Je me déplaçais sur une route en Inde. On nous avait préparé un déjeuner mais les bouteilles d’eau avaient été oubliées. Nous avons donc pris notre repas et cela nous a donné encore plus soif. Il faisait terriblement chaud dehors.

Alors nous avons vu un fermier sur le bord de la route. Il jetait une outre en peau dans un puits, la remontait et arrosait ses plantes. Nous sommes allés le voir et nous lui avons demandé de l’eau.

Il était tellement gentil. Il a dit : « Bien sûr, bien sûr » et il nous a donné de l’eau. Ensuite il a dit : « Venez, venez, j’ai une petite hutte là-bas, j’ai du pain sec et des cornichons, c’est tout ce que j’ai, mais je veux vous les offrir. »

Sa gentillesse ! Sa gentillesse. J’étais là dans cette voiture, de toute évidence j’étais mieux habillé que lui, mais sa gentillesse... Il savait que j’étais aussi un être humain et que je pouvais avoir faim alors il m’a offert ce qu’il avait.

De toute évidence, il devait travailler dur pour avoir ne serait-ce que ce morceau de pain et ces cornichons mais il offrait gratuitement ce que je considère comme la chose la plus précieuse pour lui. Il l’offrait gratuitement. La générosité.

J’étais très jeune quand c’est arrivé et je ne l’ai jamais oublié. Quand je parle de lui, je le vois. Je sais qu’il est mort maintenant, il était déjà âgé alors, mais il ne mourra jamais car il vit ici. Il est vivant et il va bien.

Je parcours le monde et je vois comment la bienveillance… Quand la bonne moitié est là, il peut y avoir tant de gentillesse, tant de beauté.

Antonio Mateus :

Donc, « si je consacre ma vie à rendre mes proches heureux, j’aurai de bien meilleures chances d’être heureux que si je me consacre à mon propre bonheur. » Est-ce que vous adhérez à cette philosophie ?

Prem Rawat :

Et bien nous dépendons des autres pour certaines formes de bonheur. C’est vrai, quand un père rentre à la maison et que ses enfants courent vers lui en disant « Papa, papa, papa, c’est super que tu sois là, on t’aime », quand votre femme vous attend et qu’elle peut dire « Je suis tellement contente de te voir » ou vos amis « On est tellement contents de te voir »…

Mais le véritable bonheur vient de vous. Votre bonheur vient de vous en réalité. Les autres ne peuvent pas en être les catalyseurs. En effet, si les autres en étaient les seuls catalyseurs et si, pour une raison ou pour une autre ils disparaissaient, vous vous retrouveriez bien seul.

Je le dis toujours, un homme qui a des béquilles… Disons qu’il a des difficultés à marcher et qu’il a des béquilles. Si on les lui enlève, il tombe. On doit vraiment apprendre à se tenir sur ses propres jambes, sans béquilles.

Avoir confiance, faire ce que l’on fait, aimer les gens, il n’y a rien de mal à cela ; accepter leur amour, il n’y a rien de mal à cela. Mais il y a un amour en vous, tout le temps que vous êtes ici, que vous êtes vivant, et vous devez comprendre cet amour. Vous devez accepter cet amour.

« Vous êtes vivant », voilà votre vérité. Voilà ce qui se passe vraiment dans votre vie. Pas votre entreprise, pas votre travail, rien de tout cela. Vous êtes vivant. Vous êtes né et vous allez mourir.

Antonio Mateus :

Mais, comme nous l’avons dit, cela fait 50 ans que vous parcourez le monde pour transmettre votre message de paix. Qu’est-ce qui vous motive ?

Prem Rawat :

Ce qui me pousse, c’est mon cœur. C’est mon cœur. Qu’est-ce que le cœur ? C’est là que réside le discernement, c’est là que réside le courage dans l’être humain, c’est là que réside le divin dans l’être humain. Ce n’est peut-être pas un endroit physique, mais c’est l’ensemble de tout ce qui est bon en moi, c’est ce qui perpétue ce qui est bon en moi.

Ce n’est pas compliqué d’être vivant. Ce n’est pas compliqué d’être heureux. Ce n’est pas compliqué de regarder devant soi, d’être courageux, d’avoir de l’espoir, de connaître la beauté dans sa vie. Ce n’est pas compliqué. Ce n’est pas compliqué d’être en paix.

C’est la guerre qui est compliquée. Il faut alimenter l’avidité, il faut alimenter l’inconscience, il faut fabriquer des armes, il faut créer des pays, il faut établir des règles, il faut construire des prisons, il faut faire en sorte qu’il y ait des gens importants et des gens pas si importants. Il y a tant à faire pour arriver au point où nous en sommes aujourd’hui.

Si les êtres humains pouvaient comprendre qu’ils sont humains, qu’ils ont de la bienveillance en eux, qu’ils ont du bon en eux… Il n’y a pas besoin de faire quoi que ce soit. Il n’y a pas besoin de fabriquer des armes pour être en paix. Il n’y a pas besoin de faire la guerre pour être en paix. C’est simple, c’est tout ce qu’il y a à faire.

Un jour a lieu un concours entre le vent et le soleil. Le vent dit : « C’est moi le plus puissant. » Le soleil répond : « Non, c’est moi le plus puissant. » Alors ils décident d’organiser un concours.

Le vent dit : « C’est moi qui commence. Il y a un homme qui marche sur la route. Le défi, c’est de lui faire enlever sa veste. Celui qui réussit à lui faire enlever sa veste gagne. »

Donc le vent commence. Il souffle, il souffle, et l’homme s’accroche à sa veste un peu plus. Le vent souffle plus fort et l’homme s’accroche à sa veste encore plus. Le vent souffle encore plus fort et l’homme s’accroche à sa veste encore plus.

Finalement, le vent abandonne et regarde le soleil : « C’est bon, à ton tour. » Le soleil se contente de briller. La chaleur augmente et l’homme enlève sa veste.

Pour moi cette histoire parle de ce que nous sommes. Cela finira par arriver. Si la lumière entre dans notre vie, si nous permettons à la lumière de briller, c’est ce qui arrivera. Ce n’est pas compliqué. Ce n’est vraiment, vraiment pas compliqué.

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En confinement avec Prem Rawat, 75e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix.

Prem Rawat :

Bonjour à tous, j’espère que vous allez bien. J’ai été très occupé aux préparatifs du Programme d’éducation pour la paix, il devrait être annoncé prochainement, et je suis impatient de commencer.

En attendant, nous arrivons au chapitre 3 de l’épidémie de coronavirus. Je me suis dit que le premier chapitre était le moment où tout a commencé et que la plupart des pays étaient tellement estomaqués qu’ils n’ont rien fait.

Le chapitre 2, c’est quand ils se sont réveillés et ont enfin remarqué qu’il y avait une épidémie. Et le chapitre 3, c’est en sortir, et ça bien sûr, c’est très, très intéressant, car je me rends compte que cela va m’ouvrir des possibilités de voyager.

Bien sûr, cela comportera des contraintes. Je ne vais prévoir aucune réunion de quelque nature que ce soit qui permettrait au covid-19 de se répandre. Et donc nous examinons ce qui peut être fait et de quelle manière, et nous trouverons un moyen.

L'essentiel est que vous soyez concentré sur ce qui se passe réellement. Et ce qui se passe vraiment, en fait, ce n’est pas l’épidémie de covid-19, ce n’est pas que ce virus a pris le dessus. Ce qui se passe vraiment est unique, cela dure depuis longtemps mais c’est quand même unique, c’est le fait que vous existiez, que vous soyez vivant.

Que faites-vous pour prendre en compte cette réalité ? Voilà la question. Car, quand on prend en compte cette réalité, beaucoup de choses retrouvent leur place, comme quoi par exemple ? Comme une grande joie, une grande lucidité, une grande compréhension, une concentration sans limites.

En effet, l’existence, le fait d’être vivant est bien plus que le simple fait de faire ce qu’on vous a dit. Vous vous rendez compte que vous faites ce que vous faites non pas parce que vous voulez le faire, mais parce que telles sont les coutumes, les traditions, les règles avec lesquelles vous avez grandi et, en tant qu’enfant, vous les avez tout simplement acceptées.

Votre mère ou votre père vous disait : « Fais ça, sinon tu vas dans ta chambre. » Au bout d’un moment, vous avez décidé que ce n’était pas marrant d’aller dans votre chambre, alors vous avez cédé. Vous vous êtes dit : « Je vais faire ce que mes parents veulent. »

Est-ce que c’est une mauvaise chose ? Est-ce une mauvaise chose de céder face à ces règles, ces règlements ? Bien sûr que non. Nous devons avoir des règles, nous en aurons de toute manière. Même si votre règle est de ne pas suivre les règles, c’est une règle. Et donc, vous aurez une règle malgré tout.

Ceci dit, il y a un autre type de règle qui mérite votre attention. Ce n’est pas une règle, c’est une opportunité. Cette opportunité, c’est que vous êtes vivant et que ça signifie quelque chose, que c’est unique. Tout le reste a déjà eu lieu dans le passé : 1918, la grippe espagnole, le virus Ébola, beaucoup de choses, la grippe aviaire.

Y en aura-t-il d’autres ? Bien sûr. Y en a-t-il eu d’autres dans le passé qui ont laissé les gens perplexes ? Bien sûr. Mais ce qui est unique, c’est que vous êtes vivant. Quand est-ce que cela se reproduira ? Personne ne le sait.

Quand reviendrez-vous ? Personne ne le sait. Ça pourrait prendre des millions d’années, voire des milliards d’années. Mais là maintenant, vous êtes là, vous existez, c’est comme ça.

L’autre jour, je suis sorti, j’ai descendu l’escalier, j’ai levé les yeux au ciel et je pouvais voir les étoiles et la lune. Il y avait encore un peu de luminosité là où le soleil s’était couché. C’était magnifique.

Ça m’a permis de me poser, de réfléchir. « Les corps célestes, les étoiles, la lune, tout ce qui existe là-haut a vu… » Je ne sais pas si je peux utiliser le mot “voir”, car je ne crois pas qu’il y ait quelqu’un là-haut qui regarde tout ça et qui dise : « Voilà, c’est là. », alors le mot “voir” n’est sans doute pas le bon mot.

Mais tout cela était là pendant que toutes nos histoires se déroulaient. Sur le plan géologique, ça ne représente rien, juste ça, une petite seconde, un petit battement de cils et c’est fini.

Pendant ce battement de cils, vous êtes là. Dans votre vie, dans votre existence, ce qui compte, ce n’est pas le battement de cils, ce qui compte, c’est que vous voulez quelque chose, vous voulez être heureux.

Vous savez, je ne vais pas m’aventurer à dire ce qu’est le bonheur, mais on veut être heureux, on veut être satisfait. Et si on enlevait le mot “bonheur” et qu’on disait juste : « Fondamentalement, on veut se sentir bien, on ne veut pas être inquiet, on ne veut pas s’inquiéter pour le lendemain, pour les conséquences ».

On veut juste se sentir vivant, se sentir bien. On veut pouvoir regarder la lune, admirer sa beauté et s’ouvrir, on veut regarder un beau coucher de soleil, admirer sa beauté et s’ouvrir, sentir qu’on fait partie du tout, car la poussière dont est faite la lune et dont est fait le soleil est la même que celle dont nous sommes faits nous aussi.

On veut être libre, libre de tout ce qui nous encombre, du fardeau qu’on porte sur les épaules. Et si ce qui comptait dans ma vie, ce n’était pas demain, mais aujourd’hui, le moment où mes pensées se transforment en actes… Lorsque je convertis mes pensées en actes, elles deviennent irréversibles, il n’est plus possible de les changer.

Je veux juste me sentir bien. Je veux avoir vécu pour la satisfaction, pour le bonheur, pour la joie, pour tout ce qui vaut la peine d’être vécu, je veux avoir compris pourquoi j’étais là, que ce n’était pas un mystère, je ne veux pas avoir vécu dans le flou, mais dans la clarté.

Et c’était l’évidence. Hein ? “L’évidence”, oui, c’est le mot clé, l’évidence, non pas que quelqu’un me dise les choses et que je les croie. « J’ai lu ça dans un livre, donc je le crois. » Non, je veux que les choses aient été évidentes, claires. Alors, vivre devient si simple, vivre devient une telle source de joie.

Alors, est-ce que c'est comme ça pour moi tous les jours ? Non, il y a tout le reste, du genre : « Que va-t-il se passer ici ? Que va-t-il se passer là-bas ? Qui a dit ça ? Telle personne a dit ça. Bon et bien, qu’est-ce que c’est que ceci ? Qu’est-ce que c’est que cela ? »

Mais quand je ne suis pas là-dedans et que j’ai un moment de lucidité… Vous voyez, ce qui compte avec la lucidité, ce ne sont pas les heures, ce ne sont pas les minutes. Un instant suffit, car les conséquences durent longtemps, l’effet de cette lucidité dure longtemps.

Je peux sentir que je suis vivant, que je vis, et je considère que le sentiment d’être vivant est le sentiment le plus précieux qui soit. C’est important pour moi, je comprends que mon petit monde tourne autour de ça : être vivant. Alors je sais, alors je comprends, alors tout est bien, je n’ai plus besoin de chercher, je ne suis plus obligé de me noyer dans un océan de “pourquoi”.

« Pourquoi, pourquoi ci, pourquoi ça, pourquoi, pourquoi, pourquoi ? » Quand j’étais petit, peut-être que ça a commencé ainsi : « Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je dois faire ci ? Et pourquoi est-ce que je dois faire ça ? Pourquoi la lune est là ? Pourquoi le soleil est là ? Pourquoi la terre est ronde ? Pourquoi ? »

Oh non, non, non. Et un peu plus âgé, ça devient : « Pourquoi suis-je triste ? Vous voyez, on passe de « à quoi ressemble la lune ? » à « pourquoi la lune ? »...

Quelqu’un a posé cette question : « L’univers n’en a rien à faire. Pourquoi suis-je ici ? » Pourquoi êtes-vous ici ? Vous ne savez pas ? De toute évidence, il y a une raison, vous devez au moins comprendre ça.

La personne a vraiment écrit : « L’univers n’en a rien à faire. » Ce n’est pas l’univers qui compte, mon ami, ce qui compte, c’est vous qui regardez l’univers. Voilà ce qui est devenu possible : pas que l’univers vous regarde, mais que vous regardiez l’univers.

C’est de ça qu’il s’agit : moi qui suis vivant, vous qui êtes vivant, nous qui comprenons notre existence. Voilà la beauté, la joie, chaque jour s’éveiller à cette possibilité, chaque jour se réveiller, se réveiller, car tout le reste, tout ce à quoi nous nous identifions, tout ce que nous utilisons pour donner un sens à notre vie, ça n’a rien à voir, rien à voir.

Un jour, quelqu’un est venu avec une voiture très coûteuse. Je me suis exclamé : « Oh quelle belle voiture vous avez ! » C’est ma passion, j’aime les voitures. La personne m’a répondu : « Est-ce que je devrais l’acheter ? » C’était une voiture chère. Je lui ai dit : « Elle vous va bien. Pourquoi pas ? Allez-y, si c’est ça que vous voulez, achetez-la. »

Mais il ne s'agit pas de cela, ce n’est pas la raison pour laquelle votre vie est importante, ce n’est pas parce que vous dirigez une grosse entreprise. Est-ce que ça pose un problème de diriger une grosse entreprise ? Non. Faites tout ce que vous faites, mais faites aussi ce que le fait d’être vivant sur terre vous a ouvert comme possibilité.

Et quelle est cette possibilité ? C’est que vous, pas vos proches, pas vos amis, mais vous, soyez empli de joie.

Pour quelqu’un, ce sera : « Oh oui ! » Mais je vois des gens qui sont parfois anéantis parce qu’ils ont tout perdu. Il y a très longtemps, quelqu’un est venu me voir pour me dire : « J’ai un problème. » J’ai juste dit : « Oui, quel est votre problème ? » Et il m’a répondu : « J’ai fait faillite, j’ai perdu mon entreprise. »

Je lui ai dit : « Dites-moi une chose, êtes-vous né avec cette entreprise ? » Il a répondu : « Non, non, non, je l’ai créée et développée. » Je lui ai dit : « Je parie que vous avez beaucoup appris en le faisant, pas vrai ? » Il a répondu : « Oh oui, j’ai beaucoup appris, j’ai fait beaucoup d’erreurs. » Je lui ai dit : « Bien. Vous avez beaucoup appris, maintenant recommencez. Recommencez, créez une entreprise et faites en sorte de ne pas refaire les mêmes erreurs. Vous y arriverez plus vite. »

Alors il m’a regardé puis a dit : « D’accord. » Je lui ai dit : « Il y a autre chose. Est-ce que vous croyez que vous êtes sur terre pour cette entreprise ? Que votre bonheur dépend de cette entreprise ? Ce n’est pas le cas. Votre bonheur dépend de vous, de ressources qui se trouvent en vous. Si vous arrivez à les trouver, si vous pouvez trouver la joie qui est en vous, alors vous pourrez gérer votre entreprise sans chercher la seule chose que votre entreprise ne pourra jamais vous donner. Vous ne vous tournerez pas vers le monde pour avoir ce que le monde ne pourra jamais vous donner. »

Et ça, mes amis, c’est la clarté, la joie, la plénitude. Dans le monde il n’y a rien… Bon dans le monde il y a beaucoup de bonnes choses. Il y a la crème glacée qui est très bonne, et puis les samossas, ça c’est bon, la tarte aux noix de pécan, quel délice !

Mais il y a quelque chose de plus grand que tout ça, quelque chose qui est contenu dans chaque souffle, dans votre existence. Vous regardez l’univers, ébahi et fasciné en disant : « Ouah, c’est de ça qu’il s’agit. » Quand vous pourrez aller dans l’univers intérieur et dire « Ouah », là vous tiendrez le bon bout, là vous aurez trouvé. C’est de ça qu’il s’agit.

C’est ça la véritable liberté, vous êtes libre parce que vous connaissez votre source, la source de votre joie. Maintenant vous êtes libre de choisir. Choisissez avec sagesse, mon ami, choisissez ce pour quoi vous êtes fait.

Vivez votre vie dans la joie qui est rendue possible parce que vous êtes vivant, juste pour ça, parce que vous êtes vivant. Soyez comblé parce que vous êtes vivant, voyez clair parce que vous êtes vivant, connaissez la beauté parce que vous êtes vivant, soyez libre de l’esclavage de l’ignorance. L’ignorance : vous ne savez pas ce qui est enfoui en vous, vous ne connaissez pas tous les trésors que vous portez en vous.

Très bientôt, le Programme d’éducation pour la paix sera prêt et il sera diffusé. Je regarde aussi les pays qui sont en train de s’ouvrir, j’envisage la possibilité de voyager.

Je veux venir vous voir, je veux vous regarder dans les yeux, je veux voir votre sourire, je veux voir vos yeux souriants, ce serait fantastique. Je suis impatient de vous retrouver.

Bien sûr, je dois le faire judicieusement. Je ne veux pas que quiconque tombe malade à cause de ça et certainement pas à cause de mes actes. Cela tient toujours : « Ne le transmettez pas et ne vous laissez pas contaminer. » Il faut être prudent.

Ce n’est pas grand-chose. Nous pouvons faire les choses si nous savons où trouver la joie en nous. On pourrait être très occupé à être heureux. Ça vous irait ? Dans la vie, dans le monde, on devrait toujours être très occupé à être heureux.

Merci beaucoup. Je vous parlerai bientôt. Prenez soin de vous, soyez bien, soyez en sécurité, et le plus important : soyez.

En confinement, 73e jour 00:15:46 En confinement, 73e jour Video Duration : 00:15:46 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 73e jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix.

Des histoires pour la vie

Événement avec l’auteur à Munich, Allemagne.

 

Prem Rawat

Toutes les histoires commencent par « Il était une fois ». L’histoire que je souhaite vous raconter commence également ainsi, mais il y a une toute petite différence, et la voici : « Il était cette fois-là où vous existiez ».

Vous avez écrit une histoire depuis que vous êtes né, mais vous ne l’avez pas lue. Vous êtes un élément de cette histoire incroyable, extraordinaire. Le fait que vous viviez aujourd’hui a un sens qui est bien plus grand que l’ensemble de tout ce que vous avez accompli, bien plus grand que vos ambitions, et pourtant on n’est pas conscient de la possibilité qui est offerte.

Trouver, connaître cette possibilité doit être la plus belle histoire jamais racontée en ce qui vous concerne. Est-ce une histoire sur la tristesse ? Seulement si vous décidez de l’écrire ainsi. Mais elle est destinée à être l’histoire d’une réussite si vous la laissez se dérouler. Si on regarde derrière nous, des millions, des millions et des millions d’espèces ont contribué à cette histoire.

Il a fallu des milliards d’années de transformation pour que ces algues, venues de l’océan, puissent arriver à vivre sur la terre et, malgré toutes les difficultés, s’adapter à la terre ferme et ne plus être dans l’eau. Tout cela est inclus dans cet être. L’emplacement des yeux, l’emplacement des oreilles, les caractéristiques de notre peau, l’emplacement de notre cœur, la forme qu’a pris notre corps, tout cela s’est combiné pour qu’une histoire puisse avoir lieu.

Nous n’avons rien en commun les uns les autres sauf une chose : comme toutes les histoires, comme chaque histoire, cette histoire a également un début et une fin. Mais une histoire ne se caractérise pas par son début ou sa fin, l’histoire est ce qui se passe entre le début et la fin.

Et aujourd’hui, quand nous voyons le monde, nous disons : « Regardez, il y a ce problème, les gens se battent. » Oui, il y a des gens qui se battent, mais il y en a bien davantage qui ne se battent pas.

Il y a une règle concernant les prédateurs, vous connaissez cette règle ? La règle est qu’ils ne sont pas nombreux, plutôt rares.  Ce sont des prédateurs, ils sont au sommet de la chaine alimentaire, mais il y a beaucoup plus de gnous que de lions, beaucoup plus de gnous que d’alligators. Le résultat ? Les gnous continueront d’exister, et ils traverseront la rivière comme ils l’ont déjà fait de nombreuses fois. Ils le feront, encore et encore.

Et nous… Un jour quelqu’un m’a demandé, il y a environ trois ans : « Que va-t-il se passer ? Que va-t-il se passer ? » C’était une femme politique, elle a juste dit : « Que va-t-il se passer ? » et j’ai répondu : « Les gens gagneront. » Parce qu’il y a beaucoup de bonté dans ce monde, vous êtes là parce que la paix vous intéresse. Les gens disent : « On n’arrête pas de se battre depuis toujours. » En fait ce n’est pas vrai.

On a découvert récemment que le plus souvent les gens choisissaient plutôt la paix. Et quand ils avaient de la nourriture en abondance, ils assimilaient d’autres communautés. L’assimilation de gens différents manquant de nourriture n’était pas un problème, ils étaient accueillis volontiers. C’est pour ça que la taille des villes a explosé !

C’était seulement quand une rivière changeait son cours ou que l’eau commençait à manquer et qu’on ne pouvait plus irriguer que les gens se faisaient la guerre. C’était là que les gens se battaient.

Donc, quand les conditions étaient bonnes, c’était dans la nature humaine d’accueillir. C’est ce qu’on fait, on est ainsi. Donc, on peut savoir tellement de choses dans notre vie, mais sait-on qui on est ? La signification de ce souffle est-elle comprise ?

Un exemple. Récemment j’étais à Delhi, juste avant Puna, j’étais à Delhi, pour une conférence qui a rassemblé 200 000 personnes. Et l’an dernier un autre événement en a rassemblé 400 000. Et je leur ai demandé : « Connaissez-vous la signification de ce souffle ? » C’était magnifique, il y a eu un beau silence.

À votre naissance, dans la pièce où vous êtes né, lorsque vous êtes apparu… Je sais que vous ne vous imaginez pas comme ça. J’en vois ici certains qui sont rasés de près, d’autres portent une barbe qu’ils taillent, ce qui demande un entretien journalier, ils ont belle allure, ils sont élégants. Vous êtes tous beaux, élégants, et les femmes également.

Mais vous étiez alors tout nu, couvert de glaire, humide, et tous ceux qui étaient présents ne se préoccupaient que d’une seule chose, pas de savoir si vous étiez un garçon ou une fille, mais d’une seule chose : « Respiriez-vous ou non ? »

Puis le médecin a aspiré l’eau que vous aviez dans la bouche. « Respire-t-il ou non ? » Et si cela ne suffisait pas, il vous a tenu la tête en bas et vous a donné une claque sur les fesses.

La claque sur les fesses ce n’est pas pour vous donner une leçon. La claque, c’est pour vous faire crier. Vous avez crié, vous deviez respirer et apparemment vous avez respiré car vous êtes là.

Si vous n’aviez pas respiré et que vous soyez né à l’hôpital, si vous n’aviez pas respiré, devinez ? On ne vous aurait pas amené chez vous. Vous êtes rentré chez vous grâce … le premier souffle est exceptionnel, c’est toujours une inspiration, il le faut, une inspiration.

Et tout au long de votre vie, ce souffle va entrer en vous et en sortir, entrer et sortir, entrer et sortir. Et vous ne saurez même pas combien de fois. Quand vous vous endormirez, il sera là, pendant que vous vous amuserez, il sera là, quand vous serez dans vos pensées, il sera là, quand vous pleurerez, il sera là, quand vous rirez, il sera là, il sera là et il sera là. Tel un bon ami, dans les bons comme dans les mauvais moments, il sera là avec vous, et vous apportera à chaque instant le cadeau de la vie, chaque jour.

Ensuite ? Comme dans toute bonne histoire, il y aura une fin. Alors viendra le moment où, lors de votre dernier souffle, vous n’inspirerez pas mais vous expirerez.

Donc, en un sens, vous faites partie d’une même histoire et cette histoire commence par une inspiration et se termine par une expiration. Et entre les deux se déroule l’histoire qu’il vous faut écrire chaque jour.

Vous voulez partir à la découverte de ce que vous êtes ? Alors permettez-moi de vous dire que vous avez en vous un océan de réponses. Et pourquoi devez-vous savoir qu’il y a ce bel océan de réponses en vous ? Parce que dans les moments difficiles, quand vous serez fatigué, vous pourrez aller en vous pour ressentir la brise rafraîchissante et contempler les eaux claires de la compréhension de ce que vous êtes.

Parce qu’il y aura des moments comme ça. Il y aura des moments où les choses ne se passeront pas bien. Il y aura des moments où les choses ne se passeront pas comme prévu, des jours où vous n’aurez plus assez de force et où le lendemain semblera difficile à atteindre, où il vous semblera que tout ce que vous essayez de faire, que le chemin que vous avez emprunté, ne mène nulle part. Il y aura des jours comme ça.

Nous avons besoin de savoir qui nous sommes, qui nous sommes, ce qu’est le souffle, ce qu’est cette possibilité, de savoir que, même si nous sentons des problèmes en nous, les solutions à nos problèmes sont aussi en nous. Mes amis, ce ne sont pas de vaines paroles, je les assume pleinement.

Ce livre représente un petit effort pour vous transmettre quelque chose, encore et encore. Il y a des gens ici qui ne sont jamais venus m’écouter en personne.

Et un homme que je connais m’a dit qu’il gardait mon livre sur sa table de chevet. Si quelque chose le préoccupe, il y cherche une histoire appropriée, la lit et y trouve du réconfort, une aide.

J’espère que ce livre vous aidera également, parce que dans cette aventure de la vie, durant ce voyage, c’est important d’être bien avec soi-même, de se sentir bien en soi, carcette vie ne mérite rien de moins.

En confinement, 74e jour 00:12:38 En confinement, 74e jour Video Duration : 00:12:38 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 74è jour

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix

 

Un message d'espoir

Interview de l'Ipswich Times

avec Wendy Hughes

Journaliste, Ipswich Times

 

Wendy Hughes :

Ce qui est différent en Australie… Je sais que vous parlez dans les prisons, que vous faites le programme PEP et que vous vous êtes rendu dans des pays très pauvres. Mais y a-t-il un besoin de paix dans une Australie centrale où les gens ont du mal à payer leurs factures. Y a-t-il une place pour votre message parmi eux?

Prem Rawat :

Oui. Puisque nous venons dans ce monde, deux choses sont assurées : l'une est que nous sommes nés et l'autre, qu’un jour nous devons partir. Et les histoires, les traumatismes et tout le reste se situent entre ces deux murs.

Pour moi, une fois que vous comprenez la valeur de la vie, la valeur de chaque jour, il serait logique d’avoir cette réflexion : « Comment puis-je en profiter au maximum ? »

Wendy Hughes :

Oui. Je regarde le message « La paix est possible » et j'ai vu la grande fresque superbe qui est à Londres. Je pense que ce sont trois mots si beaux et si concis, n'est-ce pas ? C’est beau, attractif et j'imagine que tous ceux qui la voient doivent se dire : « Ah, c'est plein d'espoir. Ça fait du bien de voir cela aujourd’hui. »

Mais, pensez-vous vraiment que c'est possible ? Pensez-vous que c'est... Pensez-vous vraiment que nous pourrions avoir un jour une planète en paix ?

Prem Rawat :

Eh bien, cela mérite réflexion. C'est une question très intéressante car j'y ai réfléchi et les gens m'ont posé cette question : « Pensez-vous vraiment que la paix soit possible ? »

Il y a des choses dans ce monde qui arrivent et nous font croire que “peut-être pas“. Mais les choses qui nous font croire “peut-être pas“ sont-elles tombées du ciel ou sont-elles créées par nous ?

Ce constat, “ce sont des choses que nous avons créées“, est donc une bonne nouvelle, car si elles ont été créées par nous, nous pouvons les changer. Et c'est en cela que la paix est possible, parce que la quête de la paix vient de l'intérieur de nous.

Nous avons une histoire de la guerre. Nous n'examinons pas l'histoire de la paix. Mais il y a eu de plus longues périodes de paix sur cette Terre qu'il n'y a eu de guerres.

Wendy Hughes :

Pourquoi les gens se concentrent-ils sur le négatif ? Oui, comment faire pour que tout le monde ralentisse alors que nos vies sont orientées vers la performance ? Nous avons des rendez-vous, nos téléphones, et tout le monde est connecté en permanence, alors comment faire... ?

Prem Rawat :

Eh bien, ce que j'ai trouvé, c'est que si l’on se concentre sur soi... Socrate, il y a longtemps, a dit : « Connais-toi toi-même. » Que veut-il dire ? « Connais-toi toi-même. » Nous connaissons notre téléphone mais nous connaissons-nous ? Nous connaissons nos responsabilités mais nous connaissons-nous ? Nous savons ce que nous devrions faire mais nous connaissons-nous nous-même ?

Le fait est que vous pouvez disposer d’un très beau plan, le plus détaillé possible, mais si vous ne savez pas où vous êtes sur ce plan, comment allez-vous vous rendre là où vous voulez aller ? C'est ce que signifie se connaître soi-même. Et une fois que vous commencez à vous connaître et à comprendre qui vous êtes, vous commencez à voir l’interconnexion avec tout ce qui vous entoure.

La réalité ne changera jamais : vous êtes né un jour et un jour vous devrez partir. Et entre ces deux murs se trouve cette belle chose qu'on appelle « la vie. » Et le fait est que même cette compréhension viendra. Quand vous vous approcherez vraiment de ce mur, vous comprendrez. Je le vois depuis ma plus tendre enfance. 

Wendy Hughes :

On dirait que vous avez eu une enfance assez extraordinaire que peu de gens sur cette planète ont eue.

Prem Rawat :

Et bien, à quatre ans, je parlais déjà de paix. Et montais sur scène pour dire ces choses là...

Wendy Hughes :

C'est extraordinaire en soi. Et d'où est venue cette inspiration ?

Prem Rawat :

Et bien, elle était là. Elle venait de l’intérieur. Je sentais qu'il y avait quelque chose de plus que les histoires, les jeux et tout le reste, que tout était plus grand que ce que je percevais à ce moment-là. Et j'aimais cela, j'aimais en ressentir la beauté.

Beaucoup de gens peuvent se demander de quoi il s’agissait! Mais pour moi, je n’étais pas en position de pouvoir comprendre ce que c'était.

J'aimais l'idée de la paix et si quelqu'un me demandait pourquoi, je ne pouvais pas le lui expliquer mais j'étais fasciné par la paix.

Ce que je disais aux gens n'est pas très différent de ce que je dis aujourd'hui : « C'est votre vie. On vous a donné une opportunité, c'est un cadeau que l'on vous a fait. Et parmi les possibilités, toutes les possibilités disponibles, l'une d'entre elles est que vous pouvez être en paix. »

Et j'y crois encore. En fait, ce n'est pas même une croyance, je le sais. Je le sais, je l'ai vécu.

Wendy Hughes :

Qu'est-ce qui vous conduit à faire cela maintenant ? Qu’est-ce qui vous pousse à vous lever tous les jours et faire cela ?

Prem Rawat :

Cela peut paraître très peu de choses mais les conséquences en sont très grandes. Quand vous pouvez faire sourire quelqu'un parce que vous en avez la capacité, quand vous pouvez faire réfléchir quelqu'un, quand vous pouvez apporter un certain soulagement à une personne…

Tout le monde n'a pas ça.

Il y a des gens qui savent chanter, je ne sais pas chanter. Il y a des gens qui savent chanter et ils peuvent chanter magnifiquement. Ils apportent quelque chose. Il y a des gens qui savent jouer du piano, ça, c'est magnifique ; du violon, magnifique. La peinture. Tout le monde a un don.

Le mien se trouve être une capacité d’apporter quelque chose, la contemplation, une réflexion sur la paix, ce qui est réel dans la vie.

C'est l'une des choses que j’expliquais. Je disais : « Écoutez, il y a une règle. » Et la règle est : « Si l’on rapproche une bougie allumée et une bougie non allumée », c'est la règle, « la bougie non allumée n'éteindra pas la bougie allumée mais la bougie allumée allumera la bougie non allumée. »

Wendy Hughes :

Et, oui. Et oui, c'est super.

Prem Rawat :

C'est ce que vous devez devenir, vous devez devenir une bougie allumée. Et beaucoup de détenus qui suivent le programme d'éducation pour la paix, après l'avoir terminé, finissent par devenir des animateurs auprès d'autres personnes.

Wendy Hughes :

Oui, c'est un fait qu'il y a une population énorme dans certaines de ces grandes prisons. Il est évident que quelque chose s’est brisé quelque part et les a conduit à se retrouver en prison, mais en si grand nombre ! Est-ce que la paix peut aussi résoudre ce problème ?

Prem Rawat :

Oui, parce que… je pense qu’environ 95% d'entre eux disent, « Si j’avais eu ça quand j’étais à l'extérieur, je ne serais pas là. »

Et ils insistent pour que nous l’apportions à leurs familles. C'est le cadeau qu'ils veulent envoyer de la prison à leurs familles, pour qu'ils ne finissent pas par suivre le même chemin et se retrouvent dans ces prisons.

Wendy Hughes :

Dans combien de prisons avez-vous mis en place le programme à l'heure actuelle ?

Prem Rawat :

Eh bien, ça va...

Paul Bloomfield :

Des centaines et des centaines - il y en a près d'un millier.

Wendy Hughes :

Vraiment !

Prem Rawat :

Et, oui !

Wendy Hughes :

Wow. C'est incroyable !

Prem Rawat :

Mais ce n'est pas seulement dans les prisons, les militaires ayant vécu des guerres en ont bénéficié. Parce qu'ils rentrent chez eux complètement dévastés. Et on ne leur fait pas une parade pour les accueillir.

Ils réalisent qu'ils arrivent dans un pays où les gens n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils ont vécu, ils sont dévastés. Et ils suivent le programme d'éducation pour la paix.

En Angleterre... À Zonderwater, en Afrique du Sud, en fait le programme est destiné à aller dans toutes les prisons. Et les gens voient, ils voient la différence.

Tout cela a été repris par l'Université de San Antonio au Texas. A San Antonio, le programme d'éducation pour la paix était en cours et l'université est très intéressée par le suivi de tous les programmes. Elle a étudié tous les programmes et toutes les statistiques et a dit : « Ce programme amène le taux de récidive le plus faible. Qu'est-ce qui se passe ? »

J'ai donc fini par aller à San Antonio et par parler à tous les professeurs. Et un professeur a dit - c'était en fait lors du deuxième voyage - il a dit : « J'ai compris. Je crois que j'ai compris. Votre message s’adresse à vous - pas à propos de moi mais à propos de soi-même, de l'individu : « Connais-toi toi-même. » Aucun autre programme n'aborde ce sujet.

Lorsque les détenus arrivent, ils accusent tout le monde ! « Oh, ma famille m'a mené ici, le juge m'a mené ici, la police m'a mené ici, ceci m'a mené ici, cela m'a mené ici. » Mais ils ne se regardent pas eux-mêmes.

Et ce programme les invite à se regarder et, dès qu'ils commencent à se regarder, les transformations commencent.

Wendy Hughes :

Ça finit par rentrer.

Prem Rawat :

Parfois même trop rapidement, je pense.

Wendy Hughes :

Oh, mais c'est incroyable....

Prem Rawat :

C'est le pouvoir de ce programme.

Wendy Hughes :

Oui. C'est très bien, c'est génial. Encore une question : on m'a dit que vous appréciez l’art culinaire, peut-être êtes vous un peu gourmand ?

Prem Rawat :

Eh bien, je le suis. Absolument, j'aime bien.

Wendy Hughes :

Cuisinez-vous... ?

Prem Rawat :

Oui, oui, j'aime bien cuisiner.

Wendy Hughes :

Vraiment ? Quelles choses cuisinez-vous ?

Prem Rawat :

J'ai quelques bases, c'est une chose, mais j'aime innover, inventer : « Que puis-je faire ? Comment puis-je prendre un plat et le faire mien ? » Alors, je vais vous raconter une petite histoire, c'est une petite histoire mignonne.

Il y a une personne en Afrique du Sud, une amie très chère. Elle vient me voir un jour et me dit : « Prem, il faut que tu m'aides. » Et je lui demande : « Comment ? » Elle me dit : « J'ai rejoint tel club de cuisine, je n'y connais rien en cuisine et je dois soumettre un plat... »

Alors j'ai réalisé où elle voulait en venir, elle me demandait de cuisiner quelque chose. Alors j'ai dit « d’accord, je vais te cuisiner un plat. »

Donc, je lui ai cuisiné le plat, le lui ai envoyé et elle y a ajouté son nom. Et elle a gagné ! Elle a gagné le premier prix ! Les gens y ont goûté et dit :« Mon Dieu, comment as-tu fait, quelle est la recette ? » Et bien sûr, elle ne savait pas.

Wendy Hughes :

Oh, oups, drôle...

Prem Rawat :

Donc, elle me l’a raconté et j'ai dit : « Bien, maintenant tu dois apprendre à cuisiner. »

Wendy Hughes :

Oui, oui.

Prem Rawat :

Je pense que c'est très bien de cuisiner parce qu’à mon avis, chacun devrait être conscient de ce qu'il met dans sa bouche. Et puisque Dieu nous a donné la capacité de goûter, « concoctons ensemble quelque chose de tout à fait unique qui soit vous, qui ait votre signature et que vous puissiez faire. »

En confinement, 71e jour 00:19:24 En confinement, 71e jour Video Duration : 00:19:24 avec Prem Rawat

En confinement avec Prem Rawat, 71e jour

 

Compte à rebours pour le Programme d’éducation pour la paix.

 

Umhlobo Wenene FM Radio

Johannesburg, Afrique du Sud.

Zizo et KCi

Interview de Prem Rawat

Zizo Beda :

J'aimerais savoir si, lorsque vous enseignez les principes de la paix, vous pensez qu'il est important que les dirigeants des nations adhèrent à cette idée afin que les gens puissent aussi en bénéficier. Ou bien vous adressez-vous davantage aux individus ?

Prem Rawat :

Permettez-moi de clarifier une chose. Je n'enseigne pas et je ne prêche pas. C'est absolument hors de question pour moi.

Tout ce que je veux faire, tout au plus, c'est dire aux gens des choses qui évoqueront quelque chose en eux afin qu'ils pensent par eux-mêmes, qu’ils comprennent que « oui, la paix a toujours été en moi, si je ne ressens pas cette paix, c'est à cause des obstacles que j'ai créés, pas crées par quelqu'un d'autre mais que je me suis créés. »

Une distraction, vous savez, doit être attractive, parce que la distraction fait peut-être quelque chose qui fait qu’on est attiré par cette distraction. Et cette attraction nous éloigne de ce vers quoi on veut être attiré.

Pour être parfaitement sûr, un bâtiment repose sur des fondations. On ne voit pas les fondations, personne ne les décore parce qu'elles sont enterrées, mais la structure de ce bâtiment, en fait, l'intégrité de ce bâtiment ne dépend pas de ce que vous voyez, mais des fondations.

Alors, sur quelles fondations repose un être humain ? Voulez-vous être heureux ? Je ne vois personne aller dans une église, dans un temple, prier un Dieu et dire : « Dieu, c’est trop beau, je suis trop heureux, s'il te plaît, fais quelque chose pour diminuer ce bonheur ». Quand on est triste, c’est ce qu’on fait, on dit : « C'est trop triste, je veux me débarrasser de la tristesse. »

Qu'est-ce que ça vous dit ? Que nous aimons être satisfaits, que nous aimons être heureux, que nous aimons être en paix, nous aimons être joyeux, nous aimons la clarté d’esprit. Et nous n'aimons pas la confusion, nous n'aimons pas la colère, nous n'aimons pas la peur, nous n'aimons pas ces choses-là. Mais elles sont toutes en nous, absolument. Si vous permettez, je peux vous raconter une petite histoire, si ça vous va.

Zizo Beda :

Bien sûr, oui.

Prem Rawat :

Il y avait une fois une communauté, beaucoup de gens vivaient dans cette communauté et il y avait un chef. Un jour, un jeune enfant vient voir le chef et lui dit : « Chef, j'ai une question, quelque chose me surprend. » Et le chef demande : « Quoi ? »

L’enfant dit : « Parfois je vois que les gens sont bons, et d’autres fois les mêmes personnes sont mauvaises. Comment est-ce possible ? Soit une personne est bonne, soit une personne est mauvaise ! Mais parfois les mêmes personnes sont bonnes et parfois elles sont mauvaises. »

Et le chef répond : « C'est parce qu'il y a deux loups en nous, un bon et un mauvais loup, et ils se battent. » Alors le garçon réfléchit et dit : « Pourquoi se battent-ils ? » Le chef dit : « Pour pouvoir te contrôler, pour te dominer. »

Alors le garçon réfléchit et dit : « Chef, dites-moi, quel loup va gagner ? » Et le chef dit : « Celui que tu nourris. » Donc, si on nourrit le méchant loup, le méchant loup devient fort.

Et beaucoup de gens pensent : « Il faut battre le méchant loup. » Battre le mauvais loup n’aidera pas le bon loup, il faut nourrir le bon loup ! Battre le méchant loup ne changera rien.

Parfois, on se laisse prendre et on se dit : « Si on pouvait juste retirer l'obscurité de la pièce, il y aurait de la lumière, n’est-ce pas ? » Non, on ne peut pas prendre un seau, essayer d'enlever l'obscurité... et ensuite espérer qu'il y ait de la lumière. Non, faites entrer la lumière et l'obscurité disparaîtra automatiquement.

KCi : [homme]

Alors, comment s'y prendre ? Il est évident qu’il faudra faire des sacrifices...

Prem Rawat :

Non, pas de sacrifices. Parce que vous l'avez déjà.

   Il y a une énorme différence entre essayer de créer la paix et essayer de découvrir la paix dans      votre vie. Je parle de découvrir, pas de créer. Si on doit créer quelque chose, ça signifie que ce n'est pas déjà en nous, mais la paix est déjà en nous.

Zizo Beda :

Oh la la, c'est profond.

KCi :

C'est plutôt trouver une chose qui est déjà là.

Prem Rawat :

Exactement, c'est une découverte, c'est une découverte, pas une création.

Texte à l'écran :

Le facteur bonheur

Prem Rawat s'adresse à des enfants à Sebokeng en Afrique du Sud

Prem Rawat :

Je veux vous présenter une idée très simple et ce n'est pas une idée, c'est un fait. Et le fait est : « De la pensée vient l'action. » Quand la pensée est bonne, l'action est bonne, quand la pensée est confuse, l'action est confuse, quand la pensée est mauvaise, l'action est mauvaise.

Or, une mauvaise action blesse non seulement les gens qui vous entourent, mais elle vous blesse aussi. C'est pourquoi il est si important d'avoir une pensée qui est bonne, claire, simple, belle. Pour que l'action qui naît de cette pensée soit aussi belle, aussi simple, aussi profonde.

Alors, de quoi avez-vous besoin pour être heureux ? Premièrement, vous avez besoin d'espoir. Quand vous vous réveillez le matin, vous devriez être heureux d'être en vie ! L'êtes-vous ? Vraiment ? Vous êtes sûr ? Allons, vraiment ? Vraiment ?

Vous n'êtes jamais déçu ? C'est le problème. Nous disons « oui », vous vous souvenez de ce dont je viens de parler : « D'abord, la pensée, ensuite l'action » ? Vous dites « oui » mais sans réfléchir. Parce que la plupart des gens croulent sous les responsabilités.

Quand vous n'avez pas fait vos devoirs, avez-vous hâte d'aller à l'école ? Et ne faut-il pas se réveiller avant d'aller à l'école ? Et le jour où il faut aller à l'école et que vous n’avez pas fait vos devoirs, avez-vous hâte d'aller à l'école ?

Alors, comment pouvez-vous avoir de l'espoir ? Comment pouvez-vous être heureux ? Vous ne l'êtes pas. Vous faites plutôt... »

Quand on est adulte, on n'a pas de devoirs à faire, on a des responsabilités. Et quand on se rappelle ces responsabilités, nous aussi, on commence à perdre espoir.

Parce qu’on affronte ces responsabilités, on affronte ces responsabilités, on affronte ces responsabilités et ça ne s'arrête jamais, quelque chose de nouveau surgit, quelque chose d’autre surgit, quelque chose de différent surgit, et nous frappe, nous bat, et nous non plus, nous ne voulons pas nous lever. Et alors, nous perdons espoir.

Mais l'espoir est important ! L'espoir est important car, sans espoir, une personne ne peut pas s'épanouir, ne peut pas briller, ne peut pas être heureuse. Nous devons nous sentir à notre place. Les jeunes de ce pays et du monde entier perdent espoir, ils ne se sentent pas à leur place. Et lorsqu'ils ne se sentent pas à leur place, la tristesse, la peur, la colère, la déception prennent la place de l'espoir.

Ce n'est pas seulement la prospérité, ce n'est pas seulement la réalisation de nos idées qui devrait nous apporter l'espoir, mais la réalité, la réalité d'être vivant, voilà ce qui devrait nous apporter l'espoir. La réalité d'avoir la paix en nous, voilà ce qui devrait nous apporter l'espoir, le courage qui réside dans notre cœur devrait chaque jour nous apporter l'espoir et la compréhension.

Donc, il faut de l'espoir et de la gratitude pour être heureux. Quel genre de gratitude ? Les parents apprennent à leurs enfants à dire « merci ». Si quelqu'un leur donne quelque chose, les parents disent : « Dis merci. » C’est vrai, n’est-ce pas ? Et parfois on voit un petit enfant dire merci, l’enfant fait “merci”. On lui apprend seulement les bonnes manières, pas le sentiment de gratitude.

Qu'est-ce que la gratitude ? La gratitude, c'estquand quelqu'un fait quelque chose de bien pour vous, de vraiment bien pour vous, et que ça vous procure du bien-être, que vous prenez un peu de ce bien-être ressenti et que vous le rendez à cette personne. C’est ça la gratitude, la vraie gratitude.

Donc, on enseigne les bonnes manières et il n'y a pas de mal à ça, on doit apprendre les bonnes manières, mais on doit comprendre le vrai sens de ce “merci”.

Donc, avoir le cœur plein de gratitude, de compréhension, d'espoir, c'est ce qui nous rapproche du bonheur dans la vie. De quoi d'autre a-t-on besoin pour être heureux ? On a besoin de savoir qui on est. Si on ne sait pas qui on est, comment peut-on savoir de quoi on a besoin ? Comment peut-on savoir ce qui nous rend heureux ?

Voilà, voilà ce que je suis venu vous dire. Vous vivez avec vos problèmes tous les jours. Vous grandissez avec vos problèmes et quand vous grandissez, vous commencez à croire que vous êtes aussi un problème ! Mais vous n'êtes pas un problème, vous avez peut-être des problèmes, mais vous n'êtes pas un problème.

2e Partie :

Vous êtes un être humain, le cadeau parmi tous les cadeaux possibles, le cadeau que vous recevez, le cadeau d’être en vie chaque jour, voilà ce que vous êtes, pas vos problèmes, pas vos idées, pas vos déceptions. Vous êtes un cadeau, et la paix que vous recherchez n'est pas sur une montagne, la paix que vous recherchez est déjà en vous, déjà en vous.

Les gens disent, ils disent : « Si la paix est en moi, comment se fait-il que je ne le sache pas ? Si la paix est en moi, pourquoi est-ce que je ne le sais pas ? » Alors, je vous demande : « Est-ce que j'ai un mouchoir ou pas ? » Je vous pose une question simple. J'en ai un ! Vous le voyez ? Alors, comment le savez-vous ? Vous devinez ?

Voyez ! Voyez ! Vous pensez maintenant, n'est-ce pas ? « Est-ce qu'il a un mouchoir, est-ce qu'il n'a pas de mouchoir ? Où est le mouchoir ? De quelle couleur est le mouchoir ? » N'est-ce pas ?

Vous pensez, pensez, pensez, pensez, non ? Et vous pouvez penser toute la nuit et penser toute la journée demain, et penser, penser, penser, sans jamais savoir.

Voulez-vous connaître ce que représente le fait desavoir ? Voyez-vous l’importance de savoir ? Oui ou non ? Il s’agit de ça. Maintenant vous savez ! Il est blanc et il est dans cette poche, juste ici ! Et oui, j'ai un mouchoir. Et maintenant, vous pensez encore ? Fini ! C'est ça, savoir.

Alors, tout le monde demande : « Qu'est-ce que la paix ? Où est la paix ? Pourquoi est-ce que je ne le sais pas ? » Parce que vous n'avez pas ressenti la paix. Vous devez ressentir la paix. C’est comme pour ça ! Ne pas penser à la paix, le monde pense à la paix, c'est pour ça qu’il n'aura jamais la paix, parce que la paix ne se pense pas. La paix, c'est voir, savoir, ressentir ! C'est ça, la paix.

Alors, pourquoi ne le savez-vous pas ? Parce qu'elle est cachée. Pourquoi est-elle cachée ? Qui la cache ? Votre ignorance, vos idées, vos idées la cachent.

Supprimez cela et soyez l'humain qui sait. Ressentez, comprenez qui vous êtes, et vous ressentirez la paix en vous.

Donc voilà ce que ça demande pour être vraiment heureux, pour avoir de l'espoir, pour avoir de la gratitude, pour se connaître soi-même et pour ne pas dépendre des autres, pour se tenir sur ses propres jambes.

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